Lettre d'acceptation
de la vraie Lilith
à l'Éditrice

 

Chère Pyrène,

Un message de moi, après ce long silence, pourrait t’étonner et ce n’est là que le commencement de tes surprises, mais je perçois déjà le frémissement de plaisir que cela fait naître en toi. Comme tu l’auras deviné ma chère, la Lilith qui s’est manifestée sur Dialogus n’était pas moi; c’était une succube, une de mes servantes. Ces créatures sont imprévisibles, inconstantes et indomptables, pourtant je puis t’assurer que celle-ci n’oubliera pas de sitôt que son nom n’est pas, n’a jamais été et ne sera jamais Lilith.

Cette mise au point étant faite, venons en MA chère –et tu comprendras pourquoi je me montre si possessive– à ce qui t’intéresse vraiment: qui je suis et ce que sera ma collaboration avec Dialogus.

Je suis non seulement la première femme, mais également la toute première hérétique, au sens que les Grecs donnaient à ce terme: je suis celle qui choisit. Choisir est une chose vois-tu, mais cela ne devient véritablement une hérésie que lorsque ce choix est éclairé par la connaissance et ce qui fit de moi une créature redoutable, apte à décider, était que j’avais la connaissance du nom de Celui-qu’on-ne-nomme-pas et que vous appelez Dieu. Je suis donc –et en cela tu es mienne– celle qui choisit d’être et de savoir.

On a tenté de me définir comme la première femme d’Adam; disons alors que je suis la première femme divorcée. On a tenté de me définir comme une déesse sumérienne; disons que les Sumériens ont su m’apprécier. On a tenté de me définir comme l’épouse de Lucifer; disons que j’ai créé un équilibre avec un être qui me ressemble, un porteur de lumière, de connaissance.

Aujourd’hui, la lumière et les ténèbres vont et viennent librement sur cet univers virtuel qu’est Internet et je choisis d’y séjourner. Je répondrai aux questions qui me seront posées sur Dialogus, mais je tiens à mettre en garde mes correspondants: je suis une part d’eux-mêmes depuis leur premier souffle, ce qu’ils soupçonnent d’eux mêmes, je le sais. Ainsi on ne choisit pas de venir à moi lorsqu’on souhaite rester dans l’ignorance de ce que l’on est véritablement.

LiLiTH