Kékun
écrit à

   


Jidhu Krishnamurti

     
   

Pensée suicidaire

   

Bonjour,

Êtes-vous le vrai Krishna Murti? Moi, mon problème a commencé avec un film où j'ai vu une femme se faire hara-kiri. Et elle faisait cela pour son déshonneur. J'avais huit ans. Et après, quand j'ai eu dix-sept ans, j'ai souvent pensé  à cela, car j'étais la tête de turc -trop bonnasse...- mélangée à la drogue et j'avais honte de moi. Mélangée aussi au péché qui privait de ma dignité. J'ai fait ma première tentative de suicide à vingt-sept ans, j'ai fait une quarantaine de tentatives.

J'ai fait plusieurs thérapies, mais ma discipline me fait flancher et en plus la voie que je suivais ne devait pas me convenir. Toujours peur et difficulté de me confronter à ceux qui me dérangent. Avec mes nouvelles fréquentations je suis bonnasse pour finir abusée, me fâcher et être comme eux -et parfois pire. Avec la peur en moi de devenir violente et mortelle pour ceux qui me dérangent.

Et aujourd'hui, je suis encore avec ces pensées autodestructrices, ce qui me fait m'isoler et n'avoir aucun contact avec le monde, à part mon club ou je vais louer des films, internet où je discute de tout et de rien et par le biais duquel je m'exprime comme je veux sur divers sujets, à part ce qui se passe en moi. Et je suis écœurée de parler de moi soit dans une thérapie ou en individuel, je sais quoi faire, mais je ne le fais pas, car je deviens agressive, J'ai des émotions, mais plus souvent de colère sur le passé ou sur le présent qui m'exaspère, et mes joies sont de courte durée -ce sont des joies de désir. Eh oui! J'aime faire rire le monde et je suis capable de trouver des solutions et d'encourager toutes sortes de personnes, même moi, mais je ne les applique pas: je n'ai plus d'énergie physique.

Est-ce que c'est noble de se suicider quand on voit une montagne d'une vie d'incompétence nous harceler plus souvent que les bonheurs que j'ai vécus? J'ai dans ma tête le désir d'en finir, car je ne suis utile en rien pour moi-même et les autres à part avec l'internet, mais rarement avec moi. J'ai beaucoup de difficultés à aller vers les autres dans la vraie vie.

Ma tête me fait faire plein de conneries inutiles. Et elle est désespérée, impuissante, et elle ne veut plus rien faire avec moi à part ne rien faire et en finir.

Kékun


Vous n'avez pas envie de mourir mais de vous sentir vivante. Toutes ces pensées morbides auxquelles vous êtes attachée malgré leur violence étouffent la vie en vous. Votre «tête» n'est pas capable de vous sortir de cette souffrance: essayez donc maintenant d'explorer cette nature encore inconnue de vous, au-delà de vos pensées, exploration légère et sans les bagages de vos habitudes et du passé. Sortez de la tête et trouvez cette énergie en vous qui dissipe toute peur et vous permettra de retrouver le goût d'être vivant. Je crois que vous n'avez plus envie de cette complaisance avec vos pensées morbides. 

J. Krishnamurti