Correspondant anonyme
écrit à

   


Jidhu Krishnamurti

     
   

Liberté

   

Obéir à la loi est-il contraire à la liberté?

Qu'en pensez-vous?



Pour comprendre la notion de contrainte et celle de liberté, il est nécessaire de les définir au préalable.

Nous voulons tous être libres. Mais que signifie «être libre»?.

Souhaitons-nous êtes libre «de quelque chose»?

Si nous voulons nous libérer de quelque chose, nous agissons «en réaction» à cette chose. Il ne s'agit pas de liberté.

Une réaction en entraîne une autre et nous sommes enfermés dans notre cycle de ««réactions à».

La révolte contre la société ressemble à un désir de liberté mais elle ne produit pas de liberté, juste une opposition, une attitude de l'esprit qui s'empare d'une chose pour l'opposer à une autre, et toute guerre est fondée sur de telles attitudes.

La liberté vraie est une solitude (qui n'est pas l'isolement), une indépendance (qui n'est pas la coupure d'avec les autres), l'indépendance de celui ou celle qui est lavé du passé.

Alors seulement, peut-il y avoir une liberté de choisir et d'agir avec justesse.

Ce que je décris là brièvement demande une exploration intime et minutieuse que mes mots ne peuvent faire à votre place.

Mais il s'agit là de la base nécessaire à la réponse à votre question.

La loi de la société ou la loi de la nature est une contrainte insupportable pour l'homme en révolte, celui qui cherche à opposer une chose à une autre. Mais la loi de la nature (qui n'est pas négociable) et celle des hommes (qui est censée être fondée sur l'humanisme) peuvent être acceptées par celui ou celle qui vit dans la liberté que j'évoque avec vous.  Parce que celui ou celle-là ne cherche pas son indépendance «en opposition à», mais dans son autonomie intérieure qui se gagne de manière bien différente, dans une révolution beaucoup moins violente et beaucoup plus intime.

J. Krishnamurti