Joseph Tascone
écrit à

   


Jidhu Krishnamurti

     
   

Découverte

    Il m'est arrivé récemment de prendre conscience, mais vraiment au plus profond de mon être, d'une partie de moi-même que je pourrais qualifier de «côté face»... Identifier une pensée et la vivre pleinement, c'est ce que j'ai réellement vécu.

Je dirige une chorale depuis longtemps et, pour des raisons diverses, j'ai cessé de la diriger. Je l'ai confiée à une autre personne, et après quelque temps, je constatai une réticence à l'égard de cette personne, que je ne pouvais pas expliquer. J'avais même du mal à la rencontrer et j'ai rejeté l'idée d'une rencontre avec elle.

Lorsque je la croisais, quelquefois j'étais assez mal à l'aise... et la «discussion» tournait autour de la vie de la chorale. Moi j'acquiesçais, lorsqu'elle me disait que tout allait bien. En fait, chez moi, dans mes pensées, tout allait mal... Je n'étais vraiment pas très à l'aise. Je l'aurais été davantage si elle m'avait dit que c'était trop difficile pour elle et qu'elle renonçait.

En fait, mon souhait réel était très clair. Je ne souhaitais pas que la chorale continue et mon désir était: «Après moi la fin. Cette chorale est à moi et si je la laisse, c'est pour la voir disparaître tout simplement». C'est en ouvrant la porte à ce mal-être que cela s'est révélé tout seul. Mais quelle surprise!

Voilà, après identification, cette pensée s'est dissoute, mais en partie seulement... C'était à moi que revenait la prise de décision d'aller à la rencontre de cette personne avec un état différent, car au fond de cette dualité, un désir de ne pas rompre la relation existait aussi!

Et là, je peux dire que j'avais peur, mais consciemment, peur de créer quelque chose de nouveau. La suite a été très simple: nous avons parlé de choses et d'autres et avons parlé de la chorale simplement. Ma disposition à l'écoute était différente. Je n'attendais rien et me trouvais dans une disposition nouvelle. Notre relation était nouvelle, sans arrière-pensée (de ma part).

Et à bien y regarder, quel soulagement d'être dépouillé d'un sentiment vraiment bizarre dans lequel j'aurai pu vivre longtemps, en l'alimentant, même.

Voilà ce que je voulais vous dire.

Joseph Tascone



La pensée qui ne pèse plus parce que son insignifiance s'est révélée laisse la place à une perception libre de la réalité.

J. Krishnamurti