Vos rêves et vos utopies
       

       
         
         

Laury-Anne

      Cher citoyen

Permettez-moi tout d'abord de vous témoigner ma plus grande admiration, pour vous et pour les différents projets que vous avez accomplis. Mon rêve serait de pouvoir un jour vous parler et vous connaître, hélas! je sais que c'est une chose impossible! J'en viens à la question qui m'amène sur ce site: avec le recul de quelques 210 ans, ne pensez-vous pas que la Cité Idéale que vous décriviez dans vos Fragments et dont vous rêviez n'est qu'une utopie qui n'existera jamais?

Avec tout mon respect, citoyen
Laury-Anne

 

       

 

       

Louis Antoine Saint-Just

      Chère citoyenne,

Les fragments dont vous parlez, désignent sûrement mes réflexions sur les institutions dont la France a grand besoin pour régénérer les moeurs de la nation, former chez les Français, dès l'enfance, l'amour de la Patrie, la conscience d'en être citoyen, le respect de ce haut titre et la fierté de le porter, et la résistance innée à toute oppression.

Ce travail n'est guère terminé pour le moment, et je suis en train d'examiner les moyens d'atteindre ce but; d'ailleurs, ces méditations mériteraient d'être partagées par ceux qui voudront se pencher sur l'avenir de la République. Mon opinion n'étant point arrêtée, il m'est donc impossible encore de vous dire ce qui va en suivre. Je vous serai seulement reconnaissant d'avoir la bonté et l'indulgence, avant de me demander de juger le réalisme de ce projet, ou de vous en faire vous-même une idée, de lui accorder la faveur d'être au moins achevé.

Votre très dévoué serviteur,

Louis-Antoine Saint-Just