Teresa Wlosowicz
écrit à

   


Louis Antoine Saint-Just

     
   

Vos connaissances des langues étrangères

    Monsieur,

J'ai l'honneur de vous écrire afin de vous poser une question qui me préoccupe depuis quelque temps, toute bizarre qu'elle puisse vous paraître.

Je dois admettre que vous me fascinez beaucoup, mais ma passion la plus grande, ce sont les langues, et pour cette raison il m'est venu l'idée de vous demander si vous parliez aussi d'autres langues que le français. Si oui, lesquelles?

En attendant votre réponse, je vous prie, Monsieur, d'agréer l'expression de mes salutations les plus cordiales.

Thérèse


Madame,

J'avais appris le latin au collège mais quoique je fusse un bon élève, je n'ai point de prétention à le parler, et je ne parle que le français.

Mes hommages, madame,

Louis Antoine Saint-Just


Monsieur,

J'ai l'honneur de vous écrire afin de vous remercier pour votre réponse. Je suis désolée pour le retard, mais, franchement, je n'ai pas eu le temps de vous répondre plus tôt.

Je dois admettre que je suis un peu surprise, parce que dans votre ouvrage sur l'éducation des enfants, dont j'ai trouvé des fragments sur internet, vous dites: «Ils apprendront les langues»; j'ai donc pensé que vous en connaissiez aussi quelques-unes. Peut-être est-ce juste mon point de vue: j'ai admis qu'un jeune homme aussi brillant que vous devait sûrement connaître des langues étrangères (Moi, je suis extrêmement éprise de langues étrangères et de linguistique).

Au fait, est-ce qu'on pourrait devenir des amis? Je suis aussi encore jeune et ne cache pas que vous mes fascinez beaucoup! Mon pauvre Louis-Antoine, je compatis beaucoup avec vous: c'est très dommage qu'on ait aussi cruellement tué un jeune idéaliste comme vous.

En attendant votre réponse, je vous prie, monsieur, d'agréer l'expression de mes salutations les plus cordiales,

Thérèse


Madame mon amie,

Votre amitié si affablement proposée m'honore. Je vous en remercie infiniment et je l'accepte avec joie, quoique vous ayez flatté et mon intelligence -en m'attribuant la maîtrise des langues autres que le français- et mes écrits -en attribuant aux quelques notes hâtivement couchées sur le papier dans mes rares minutes de loisirs, le nom d'«ouvrage». Il serait faux d'imaginer que je puisse me vanter de toutes les connaissances et mérites que je souhaite voir posséder les générations futures.

Qu'à cela ne tienne car je reste et resterai, madame mon amie, votre très humble et très dévoué serviteur,

Louis Antoine Saint-Just