Olivier
écrit à

   


Louis Antoine Saint-Just

     
   

Le silence

    Pourquoi ce silence devant la Convention? Ce matin où tout se joue pour la Révolution, ce matin où votre être est mis à prix... Ce lourd silence. Quelles pensées vous traversaient? N'aviez-vous simplement pas de réponse? Avez-vous pressenti l'aspect social que prenait la lutte, avez-vous pressenti l'arrivée des temps nouveaux : la lutte des classes, le marxisme, le capitalisme? Vous, homme héritier des Lumières, homme du XVIIIe siècle, avez-vous eu comme un effroi devant le nouveau monde qui naissait et ses nouvelles règles?

Olivier

Citoyen,

Point n'est besoin de chercher des complications et d'entrer dans des hautes matières là où les choses sont simples…

Quel langage devrais-je parler à ceux qui ne voulaient plus entendre les paroles de la vérité et de la raison? Pour pouvoir parler et être entendu, il faut être écouté, n'est-ce pas? Et le malheureux exemple que Maximilien nous a offert ce jour-là en est la meilleure preuve. Vouloir que j'en donne un autre de ce genre à l'Assemblée… Vous n'y pensez pas!

Vive la liberté!

L. A. Saint-Just