Laury-Anne
écrit à

   


Louis Antoine Saint-Just

     
   

Joyeux anniversaire citoyen Saint-Just

    Citoyen,

Permettez-moi tout d'abord de vous témoigner (ou plutôt de vous re-témoigner) toute l'admiration que j'ai pour vous. Car cette missive n'est, en effet, point la première. Toutefois, je ne tenais pas, aujourd'hui, à vous entretenir de sujets politiques ou ayant trait à la Révolution.

Nous sommes le 25 août, et je voulais simplement vous souhaiter un très bon anniversaire, citoyen. J'espère que vous profiterez de cette journée pour relâcher un peu vos obligations et vous octroyer le repos que vous méritez. De même, si je ne me trompe pas, votre prénom étant Louis-Antoine, je peux également vous souhaiter, en ce jour, une bonne fête.

Sur ces quelques mots, je vous fais une nouvelle fois part de mon admiration sans faille, citoyen. Encore bonne fête et joyeux anniversaire. Merci d'avoir pris le temps de me lire, citoyen, malgré votre emploi du temps, je n'en doute absolument pas, surchargé.

Fraternelles salutations, citoyen Saint-Just.

Laury-Anne

Chère Citoyenne,

Quel plaisir de retrouver à nouveau un mot de vous dans mon courrier qui m'apporte habituellement des messages bien plus inquiétants ou ennuyeux, et laissez-moi vous dire, je vous prie, combien cette attention de votre part m'est agréable.

Certes, je ne me permettrai point de délaisser les obligations dont le peuple français m'avait honoré en m'envoyant siéger à la Convention, pour l'affaire d'un simple jour de naissance. Car en effet, je suis né le 25 août, jour de la ci-devant Saint-Louis. Quoique je n'aie jamais questionné ma mère sur les raisons qui lui ont dicté le choix de mes prénoms, mais sans vouloir pour autant mettre en doute sa dévotion, je crois deviner que je porte celui de Louis surtout en l'honneur de mon père.

Je n'attache point d'importance à une telle futilité que le patronage d'un saint, et l'anniversaire n'est que la marque qui laisse une année vécue de plus. Mais je suis très touché que vous ayez pensé à moi à cette occasion et je vous remercie sincèrement pour cette preuve d'amitié ô combien douce, dont je ne suis certainement pas digne.

Je reste, chère Citoyenne, votre humble serviteur et dévoué concitoyen,

Louis Antoine Saint-Just