Angélique
écrit à

   


Louis Antoine Saint-Just

     
   

Enfance et fuite à Paris

   

Bonjour,

Je me permets de vous écrire car je travaille en ce moment sur un petit texte racontant une version romancée de votre vie. Je voudrais savoir comment vous avez vécu la mort de votre père. D'après mes recherches, vous aviez tout juste neuf ans mais vous avez été élevé par des membres de votre famille jusqu'à votre installation à Blérancourt.

Ma deuxième question concerne votre fuite de chez votre mère en septembre. Je voudrais vous demander l'adresse où vous avez trouvé refuge. Je sais que celle-ci était près du Palais royal.

Je voudrais également vous demander si vous vous êtes déjà rendu à Versailles avant la Révolution.

En vous remerciant chaleureusement, je ne peux m'empêcher de m'incliner devant un aussi grand homme que vous le fûtes.

Cordialement,

Angélique


Citoyenne,

J’avais dix ans à la mort de mon père; malgré ma jeunesse, mon père m’imposait beaucoup, et sa disparition a causé un vide douloureux dans ma vie, pour un temps du moins. Car l’âge de l’enfance a comme vertu la faculté d’effacer de la mémoire d’homme, par les douceurs et les caresses, les peines les plus inexorables. La vie continuait, je suis entré peu de temps après au collège… Aussi, n'ai-je gardé que des souvenirs flous de ce deuil.

Pour ce qui est de votre deuxième question, j’avoue ne pas l’avoir parfaitement saisie: de quelle «fuite en septembre » me parlez-vous? Si c’est de mon voyage à Paris en 1787, alors je me suis arrêté dans un hôtel rue Fromanteau. C’est près du Louvre. Je ne me suis point rendu à Versailles alors.

Espérant avoir satisfait votre curiosité,

Salut et fraternité.
 
L. A. Saint-Just