Maxime
écrit à

   


Louis Antoine Saint-Just

     
   

Appartenance à la patrie

    Cher citoyen Saint-Just,

Je tiens d'abord à vous faire part de mon immense respect quant au dévouement pour la patrie dont vous avez fait preuve. Vous demeurez à mes yeux le plus vertueux des hommes politiques que la France ait pu compter, même si je déplore le sang du peuple versé durant la Terreur.

Vous avez dit ou écrit que la patrie était la communauté des affections, pouvez-vous m'expliquez le fond de votre pensée et m'indiquer l'importance du facteur culturel ou ethnique?

Mes respects, citoyen; repose en paix!



Citoyen Maxime,

En effet, la patrie n’est point le sol, elle est la communauté des affections. Dans une société, deux sortes d’attrait unissent les hommes et conservent le corps social: les rapports des citoyens entre eux, ou les affections, qui reposent sur l’indépendance, et les rapports de leurs besoins, ou la possession, qui naissent de la propriété du sol et reposent sur l’égalité. Les affections sont les rapports qui dérivent de la nature de l’homme, leur principe est l’indépendance et l’amour. Les lois naturelles qui régissent ces rapports sont édictées dans la déclaration des droits de l’homme.

Lorsqu’on dit que la République est une et indivisible, ce n’est pas seulement et tellement son intégrité territoriale que l’on a en vue, mais l’indivisibilité de la volonté générale et l’unité du peuple souverain. Un citoyen de la République n’est donc point celui qui occupe une parcelle du sol français, mais celui qui appartient à la Cité qui, elle, se compose de tous les cœurs portés au respect des droits de l’humanité et à la vertu.

Salut et fraternité, Citoyen!
 
L. A. Saint-Just