Lettre d'acceptation
de l'inspecteur Javert
à l'Éditeur

 
Paris, janvier 1832

Chers fonctionnaires de Dialogus,

J'ai appris l'existence de ce moyen de correspondance par un de mes Gardes Nationaux. J'ai hésité d'abord. La police avait d'autres affaires.

Qu'on ne m'accuse pas de délaisser mon travail pour y préférer l'épistolaire; lire ni écrire ne sont mes activités favorites, loin de là. Mais si la Garde
se charge de protéger le peuple, la police fait de même. Il ne serait pas honnête de m'enfermer dans mon bureau. Ce n'est pas comme ça que va
la justice. C'était une belle offre; peu importe qu'ils viennent dès aujourd'hui ou de l'avenir, le peuple doit se trouver proche des agents de la loi et des magistrats. C'est là l'intérêt. Certains me trouvent injuste; je ne pense pas de cette façon. Aussi, c'est un travail tout à fait honnête que de répondre à ces lettres. Si on peut prévenir le crime et les poucettes de cette façon, je n'y vois pas de dérangement.

De là  où je vous écris, je suis à Paris. C'est dans ces rues que l'on voit les injustices proliférer. Je compte y remédier. J'ai entendu parler, par mes officiers, d'un projet de barricades engendré par les républicains. C'est du désordre. Nous cherchons à arrêter le groupe de criminels Patron-Minette. C'est du désordre, encore. Dois-je vous parler de ces forçats qui s'échappent? Heureusement, ils sont bien vite coffrés.

Ces affaires seront bouclées au plus vite.

Faisons court. Toutes mes excuses. J'ai du travail. Je reviendrai à mon bureau lorsque la correspondance m'y appellera.

Inspecteur Javert