Retour en page d'accueil de Dialogus

 Valandil
écrit à
Héphaïstion
Héphaïstion

Un jeune garçon dans le genre de Bagoas

   

Salut à vous, Héphaïstion,

Je m'appelle Valandil, j'ai seize ans et je vous écris comme ça, sans me demander si les réponses que j'attends de vous sont si importantes que cela.

Pour commencer, je voudrais juste vous demander de quelle façon vous avez considéré les deux personnes qui auraient pris place avec vous dans le cœur d'Alexandre: la princesse Roxane et Bagoas, l'enfant perse. Je trouve d'ailleurs qu'on sait trop peu de choses sur ce dernier et qu'on en parle très peu. Pour moi c'est dommage, car je ne cesserai de penser que ce jeune garçon perse (castré), à la beauté extraordinaire, qui fut successivement l'amant de deux grands rois ennemis (Darius puis Alexandre), fut le seul et véritable amour d'Alexandre. J'espère ne pas vous blesser en vous écrivant cela. À moins que mon avis ne compte pas pour vous. S'il compte, ne m'en veuillez pas, car je me sens à tous points de vue plus proche du jeune et doux Bagoas que de vous, Héphaïstion, qui, à mon avis, faites beaucoup plus viril.

À ce propos, j'espère que vous ne serez pas trop choqué si je vous dis que je suis un peu intrigué par votre relation avec Alexandre. Disons, vos relations vraiment intimes. Si vous ne souhaitez pas répondre à ces questions, je comprendrai et ne vous en voudrai nullement: avec Alexandre, qui avait plutôt tendance à être soumis? Parce qu'on dit que c'était plutôt vous qui faisiez «l'homme». Et puis, avant, pendant ou après Alexandre, avez-vous aimé quelqu'un d'autre? La jeune femme perse que vous avez épousée? Un autre ami d'enfance? Ou (et c'est ce que j'aimerais bien) un jeune garçon dans le genre de Bagoas…

Merci si vous répondez,

Valandil


Bonjour Valandil,

Je ne sais si cette missive a tardé pour se rendre jusqu’à moi à cause de son contenu ou non mais le fait est qu’en effet tu poses là bien des questions qui ne regardent que moi. Que nous. Tu demandes si l’existence de ces autres a pu m’atteindre. Ce fut le cas, au début. Comme chaque nouvelle conquête, Alexandre s’enflamme et dédie argent, amour et temps. Roxane m’indiffère, et Bagoas compte pour Alexandre, je le sais. Et bien que je ne sache pas danser de la sorte, j’aime à croire qu’il sait où se trouve son intérêt. Et bien qu’Alexandre puisse être séduit par son attitude féline, l’eunuque dont tu parles aura du mal à combler toutes ses attentes. Est-ce assez précis pour toi? Sache pour finir qu’il en faut bien plus pour me choquer; et que mon cœur, quoique saignant et affaibli, n’a jamais su battre pour un autre être que mon Seigneur. Mes sentiments n’ont jamais été gardés que pour lui. Il en va de même pour ma loyauté, mon allégeance.

Parles-tu, toi aussi de ce «film» sur lequel on me demande trop souvent mon avis?

J’aimerais savoir à mon tour si de telles notions sont encore reconnues de ton temps… J’en doute, au fond.

Qu’Athéna te guide, cher Valandil.

H-

************************Fin de page************************