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Nazca 
écrit à
Héphaïstion
Héphaïstion

Fantastique rêverie

    Fantastique rencontre épistolaire ô grand Héphaïstion!

Rêve insensé que de correspondre avec toi, rêve voyant mon coeur rempli de bonheur et de moultes hésitations. Que dire sur toi que tu ne saches déjà, que dire sur moi qui vale la peine d'être su, que dire sur mon âme que tu n'aies point lu, que dire pour de sentir plus proche de moi!

Commandés par quelques folies ou inspirations, mes doigts écrivent maintenant seuls. Laissons-leur le pouvoir quelques instants car ils aspirent à la liberté et mes hésitations persistent.

Cette toute nouvelle sensation me donne tous les courages, toutes les audaces, tous les mots et mon coeur enrage, impatient, que je t'en ouvre les portes. Mais pourtant comment déclarer, comment déclamer, ces mille émotions s'entrelaçant, s'étiolant, s'égarant, s'enchaînant à nouveau... Comment décrire,faire transparaître, faire ressentir, te faire ressentir cet amour inconditionnel qui me transporte? Comment exprimer cette infinie tristesse me rongeant te sachant si loin de moi? Comment écrire ce feu d'espoir me dévorant chaque fois que je croise ton fantôme dans mes rêves? Comment dépeindre ce desespoir glacé s'emparant de moi à chaque réveil? Comment te dire cette folle attente d'apercevoir ton visage à chaque fois que je pose mes yeux sur quiconque te ressemblant par quelques traits ou expressions? Comment te conter cette haine aveugle s'immisçant en moi dès
que je suis seule? Comment te savoir mon Adonis, mon Apollon, mon Héphaistion, alors que tu n'es pas auprès de moi et vivre?

Sincèrement,

Nazca.

Que les Dieux veillent toujours sur tes pas.

P.-S.: on te dit mourant. S'il te fallait t'envoler vers le Panthéon et rejoindre les dieux, je t'en prie, emmène-moi avec toi et nos âmes danseront ensemble dans les Jardins de l'Immortalité.



Chère Nazca,

Celà reste un exercice émouvant pour moi que de répondre à tant d'amour de la part de personnes si éloignées de moi.

Si tu te présentes à moi c'est que ton récit vaut la peine d'être chanté, je trépigne d'impatience, fais-moi savoir ce qu'est ceci.
Tu te fais poète de mille mots, pour me parler d'amour et d'admiration, saches que je suis moi-même admiratif des grands de ce monde, que la gloire ne s'illustrant que par les faits, tu as tout intérêt à me livrer tes feux et complaintes, car sans absolution, je ne peux te donner un peu de cette sagesse dont il doit me rester quelques bribes si le sang et la sueur ne m'ont pas tout ôté.

Dis-moi tout celà. Soyons en paix.

Je suis mourant, c'est un fait, ce coq ne devait vraiment pas m'aimer, ce vin âpre non plus, je suppose.

Ad vitam...

Je pense bien à toi, Nazca des cieux.

Héphaïstion
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