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Solenne 
écrit à
Héphaïstion
Héphaïstion

À propos de vous...

    Bonjour.

Bonjour ou bonsoir, je ne sais pas exactement…

Cela me fait bizarre de vous parler. J’avoue que je ne sais comment m’y prendre… Mais vous devez avoir l’habitude, j’ai cru comprendre que je n’étais pas la seule à vous écrire. D’ailleurs, je ne sais même pas pourquoi je vous écris… je me sens bête et si petite, face à vous… Qui suis-je pour user ainsi votre précieux temps? J’espère que vous n’y verrez pas d’inconvénient…

D’après certaines lettres que j’ai lues sur Dialogus, vous étiez (ou êtes-vous encore?) souffrant. Je ne sais pas exactement ce qui vous est arrivé, mais je vous souhaite d’aller mieux! Le monde est bien assez empli de souffrance sans qu’on y ajoute la vôtre!

Je vous écris (tant bien que mal…) car j’ai, moi aussi, certaines questions… avant toute chose, je tiens à vous parler un peu de moi ou de mon époque, de ce qui m’a poussée à «saisir ma plume»:

Je suis passionnée d’histoire. J’aime particulièrement la Grèce Antique, qui devait être un havre de bonheur si tant est qu’elle fût épargnée par les guerres… d’autres périodes (comme le Moyen-Âge, ou la Renaissance) me fascinent, mais vous ne connaissez sans doute pas ces périodes. Aussi me contenterai-je de la vôtre, sur laquelle il y a déjà fort à dire!

Comme vous devez le savoir depuis le temps que l’on vous en parle, un film a été fait sur la vie d’Alexandre le Grand. Je ne sais pas si vous savez exactement de quoi il retourne lorsqu’on vous parle de «film», mais sachez que c’est aussi populaire à notre époque que le théâtre l’était à la vôtre.

Vous devez savoir aussi qu’un comédien tentait de vous représenter. Je dis bien «tentait», car qui mieux que vous saurait tenir ce rôle? Je ne prétends rien quand aux capacités de ce comédien que j’estime d’ailleurs beaucoup. Mais… comment savoir si vous étiez comme il vous a décrit? Car c’est là la question que je me pose: qui êtes-vous réellement? Dans le film, vous êtes présenté comme une personne discrète, toujours présente lorsqu'on en a besoin, plutôt calme, posée et lucide. Je ne peux évidemment pas faire une description de vous, sans passer par lui. Alexandre.

Dans le film, vos yeux sont emplis d’amour. D’amour, de joie, de vie, mais aussi de peur. La bataille de Gaugamèles est présentée dans le film, et on vous voit, suivant jusqu’au bout votre roi. Nous voyons vos yeux inquiets lorsqu’il tombe, votre peur lorsqu’il ne remonte pas. Vous courez à son aide.

Je ne sais pas si vous êtes réellement ainsi dans la «vraie vie». Vous semblez… sage. Plein de sagesse, dirons-nous plutôt.

L’amour entre hommes ne me dégoûte absolument pas: la capacité d’aimer se perd dans mon époque, alors pourquoi tenter de la détruire lorsqu’elle se présente?

Êtes-vous vraiment l’homme dont parlent les livres de mon époque? J’ai longtemps cherché à vous connaître, mais le peu que je savais sur vous variait inlassablement au fil des versions que l’on me donnait. Un coup brun, l’autre blond, un coup timide, un coup rebelle. Qui a raison, qui a tort?

Ma question est simple: qui êtes-vous?

Je sais que ce n’est pas une question facile, car nous avons nous-mêmes, parfois, bien du mal à définir qui nous sommes en réalité. Ne me parlez que de ce qu’il vous plaira, car c’est votre vie privée et je sais que certains détails doivent être gardés secrets, enfouis dans le cœur, ne ressortant que pour ceux avec qui on a partagé le moment. Parlez-moi de vous, de vos rêves, de votre vie… parlez-moi du monde, de la couleur de votre ciel… Parlez-moi de tout, parlez-moi de rien, le simple fait de vous parler et d’apprendre à vous connaître me remplira de joie.

Excusez-moi si vous pensez que cette lettre est identique aux autres, c’est juste que je cherche des réponses, et espère les trouver à la source… Si je vous ennuie, ne répondez pas, je le comprendrais très bien.

En espérant que votre soleil soit toujours luisant, que la santé vous revienne ou ne vous quitte plus, qu’Athéna veille sur vous, comme elle veille sur tous ses nombreux enfants…

Peut-être à bientôt, bonne journée, bonne nuit, et que dans votre cœur brille toujours une étoile…

Solenne. Fille simple d’un monde compliqué.
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