superschtroumpf
écrit à

   


Héphaïstion

     
   

Alexandre le Grand

    Bonjour,

J'aimerais bien que vous puissiez me raconter l'histoire d'Alexandre le Grand.
Merci

Alexis11 ans



Cher Alexis,

Je suis très flatté, que de par ton jeune âge et ta candeur tu viennes à moi dans l'espoir d'en apprendre plus sur mon Seigneur.

Il est vrai que son histoire est fascinante mais elle n'est pas achevée, et se poursuivra encore et encore par-delà les cieux et le temps; sois-en assuré.

Nous avons quelques mois d'écart mais j'ai grandi avec Alexandre et je le connais mieux que quiconque, je pense donc être la personne assez neutre de ce côté du monde pour parler de lui.

Alexandre III de Macédoine, dit Alexandre le Grand, est né sur les hautes plaines de Pella en Macédoine, il y a de cela trente étés. Fils de Philippe II de macédoine, ou -comme se complaisent à le dire certains- Zeus dieu des dieux, lui même, et de l'indomptable Olympias, noble de l'est, plus fervente vestale de Dyonisos, descendante d'Achille.

Nous avons très tôt été instruits avec d'autres garçons, dont certains deviendront par la suite sômatophylaques ou même généraux d'Alexandre, par Aristote en personne, grand philosophe et homme généreux et sincère, qui nous a appris les fondements des civilisations, la géographie, l'histoire des hommes, les découvertes et la sagesse. Là, nous avons découvert les héros de l'Iilliade, comme Achille, à qui Alexandre vouera un véritable culte, se comparant à lui, m'associant à ce que j'étais pour lui, l'amant de son idole, son Patrocle.

Très tôt Alexandre délaisse les futilités de la noblesse pour se consacrer aux arts de la guerre et entreprend de suivre son père. Celui-ci lui confia la direction de sa cavalerie et mena ses hommes jusqu'à la bataille de Chéronée, puis dut assouvir les moindres caprices de son père durant ce temps, réglant tout un tas de conflits par la diplomatie en étant nommé ambassadeur.

À la mort de Philippe, le monde grec est en émoi, tout le monde s'agite et les machinations sont en route. Alexandre calme Athènes, déchaînée, et contient Thèbes associée aux grandes villes grecques dans son élan de fureur rouge. Mais leur contrôle devenant impossible, Alexandre la fera détruire pour préserver son royaume.

Moins de quatre ans après, Alexandre entreprend de poursuivre l'oeuvre de son père, à savoir aller plus avant vers l'Asie barbare en unifiant ses peuples, et en prenant Babylone. Il laisse le pouvoir, pour des raisons évidentes, à Antipater, et nous embarque, ses généraux (dont moi) et armées dans une conquête d'espace toujours plus infinie.

Dans ses rêves, et je m'en rappelle comme si c'était hier, il avait pour idée de partir de Thrace pour aller à Troie, ce qu'il fit, notre pèlerinage fut long et merveilleux.

Nous avions une armée incommensurable et servile sous nos doigts, et un ennemi, le roi de Perse et de Babylone, Darius III. Cette année-là, il ne tenta pas de nous empêcher de traverser son Hellespont mais le fit l'année suivante, au printemps, avec des rives acérées du Granique, et une armée supérieure à la nôtre. Là, nous nous sommes battus comme des lions et avons réussi à le repousser, mettant ses hommes en déroute et le faisant même fuir.

Alexandre proposa de priver les Perses de toute emprise sur les côtes afin qu'ils ne puissent animer vengeance dans le but d'atteindre la Grèce par les voies maritimes. Il libéra cette même année plusieurs villes du joug Perse et s'allia avec elles, par la même occasion.

Certaines résistèrent pourtant, mais furent vaincues puis soumises; je pense à Halicarnasse par exemple, qui s'avéra par la suite être un allié considérable. L'hiver qui suivi, Alexandre ne pris pas congé et nous poussa toujours plus loin, prenant d'assaut les grandes régions du sud barbare comme la Lycie et la Pisidie et les confia à Néarque, décision que beaucoup ont critiqué.

Cette action permettra à Alexandre de prendre les terres du roi Gordios. À l'est, nous aurions pu penser que les montagnes de Taurus pouvaient être un obstacle. Alexandre fit tout pour que cela se passe le plus vite possible. Et à bien y réfléchir, la traversée de ses monts par 500 000 hommes fut une mince affaire.

Je me rapelle d'une longue discussion sur laquelle Cassandre et moi avons longtemps divergé, celle de savoir si Alexandre le conquérant se devait ou non d'imposer son effigie sur les monnaie locales. Les environs étant siens, du Cyndus jusqu'à Pella, j'avais suggéré que ce serait là une occasion d'avertir les ennemis, mais aussi de prouver que nous ne craignons plus personne et que nul autre ne pourrait prétendre au trône de ces mêmes cités après qu'Alexandre les eut asservies.

Je ne sais quels arguments j'ai pu fournir, ou de quelle manière j'ai réussi à imposer mes idées, mais comme un bon nombre de fois, Alexandre m'écouta et fit forger la première monnaie de son nom à Tarse. Je me rappelle que plus tard, l'ennemie juré de Troie, Sparte, s'est alliée à Darius et à ses troupes certes affaiblies mais toujours supérieures aux nôtres afin de nous écraser un peu plus encore.

Là sur les terres d'Issos, une bataille mémorable eut lieu; celle qui donna à Alexandre la force de continuer et l'essor de son empire.

Sur une large étendue nous les avons pourtant battus à plates coutures, nous apportant une victoire éclatante. Le roi Perse, s'enfuit, nous laissant encore sa famille et son trésor sur place. Tout le bassin Égyptien et Syrien s'offrait dès lors à nous. Plusieurs villes alliées à Darirus nous offrirent le même soutien plutôt que de nous attaquer. Tyr, fut une cité particulière dans ce cas car avant de se soumettre elle fit périr ses plus valeureux fils et nous donna le reste en esclavage.

Je me demande encore pourquoi, puisque l'issue est tracée d'avance, doit-il y avoir autant de sang coulé.

L'Égypte. Ensuite vint l'Égypte, de toutes nos contrées conquises, probablement ma préférée. Nous avons été accueillis en Égypte par un peuple merveilleux, pour qui nous étions des libérateurs, étant donnés que l'Égypte était le grand ennemi de l'empire Perse et que nous avions tout fait pour le repousser. Alexandre fonda là, une des nombreuses Alexandrie, la première dès lors. Le peuple l'éleva au rang de fils d'Amon, demi-dieu donc, et Pharaon de surcroît.

J'ai passé de doux mois en Alexandrie, la chaleur de son port, et la gentillesse des gens ont longtemps apaisé mon coeur noir et plein de haine.

Après le constat que son empire était dispersé de la Méditerrannée aux portes de Babylone, Alexandre décida de poursuivre Darius en prenant la citadelle espérée; son objectif étant de devenir également roi de Perse. Nous avons passé les grands fleuves, Tigre et Euphrate sans encombres, mais nous avons remarqué que nous étions déjà fermement attendus à l'est, près de Gaugamelle.

L'automne nous combla et cette bataille fut une des plus sanglantes jamais engendrées par la soif de pouvoir. Notre stratégie, longtemps exploitée par Alexandre, était d'attaquer d'abord avec la cavalerie par la droite et le reste des positions, surtout le centre, par les phallanges. J'étais cavalier avec le reste des généraux sur cette attaque. J'étais aux côtés d'Alexandre. Contre un million d'homme, Darius ne put rien faire, et prit la fuite une fois de plus. Il laissa cette fois-ci, son escorte, son char, et son armement.

Quelques jours plus tard nous entrâmes en Babylone et en Suse en tant que roi d'Asie. Les grandes villes Perses ont ensuite été brûlées mais leurs habitants épargnés.

Alexandre a cherché Darius, qui, selon les sources et les éclaireurs, s'était retiré avec le moins de fidèles possibles vers l'est Perse. Alors que nous étions proche de lui, il se fit assassiner par un de ses proches, et Alexandre, respectueux de ses ennemis, fit faire des funérailles dignes de son rang à Darius, traqua ses assassins et les fit exécuter.

Alors roi de Babylone légitime et aimé de tous ses sujets, il entreprends aujourd'hui de partir en quête d'une épouse Perse pour unifier un peu plus son empire. Nous pensons que les régions de la Sogdiane et de Bactriane ne tarderont pas à ployer, car effectivement Alexandre semble avoir jeté son dévolu sur la fille du chef de cette dernière contrée, une barbare du nom de Roxanne qui ne m'inspire rien de très glorieux, et qui m'arrachera le coeur pour le piétiner, m'arrachant à ce que j'ai de plus cher en ce monde.

Alexandre poursuivra après quelques mois de repos son périple vers l'est et ne laissera ni la fatigue, ni les montagnes, ni la soif étancher son envie de découvrir et de dominer toute vie méprisée par ses prédécesseurs.

J'espère avoir là tout raconté de ce qu'il a pu accomplir, si tu souhaites savoir plus en détail un événement ou autre chose, je te prie de me retourner correspondance afin que j'accède à ta requête dans les plus brefs délais.

Que Dyonisos reconnaisse si tu pries chaque jour d'être en vie, frôlant de tes doux pas, le sol qu'Alexandre à conquis.

Hêphaistíôn Amyntaros, Chiliarque et Général d'Alexandre III de Macédoine