Vinciane
écrit à

   


Claude Frollo

   



Pays

   

Cher Frollo,

Je voulais prendre de vos nouvelles, et celles de votre frère, Jehan.

Sachez que je vous fais part de mon bonheur, aussi petit soit-il.

Je vous souhaite santé à vous, Quasimodo et Jehan.

Répondez-moi vite.

Que dieu vous garde.

Vinciane


Je vous salue, Dame Vinciane, et vous sais gré de votre sollicitude.

L'existence ne réserve pas toujours la bonne fortune que l'on pouvait attendre, et les seules nouvelles que je puis vous transmettre sont celles de ma désespérance, que ce soit à propos de mon jeune frère ou de ma quête de savoir.

À quoi bon avoir entretenu, soigné, développé les plus délicates facultés de l'âme humaine, si c'est pour les voir aujourd'hui avilies et souillées? De profundis clamavi, mais seul le plus profond silence me répond et me fait trembler... De l'enthousiasme de ma jeunesse, nulle trace, de mon appétit de connaissance, nulle œuvre, et seule me reste la puissance accablante de la chair, comme un lourd manteau de flamme. Des soins attentifs donnés à mon jeune frère, aucun accomplissement, mais une croissance exubérante dans l'ignorance et la débauche. À quoi bon tout cela? Je n'ai devant moi que la nuit absolue, sans aube à venir.
 
Adieu, Dame Vinciane, petite payse prévenante, que Dieu préserve la lumière sur votre route, lors même qu'il l'a retirée de la mienne.
 
dom Claude Frollo, archidiacre