Sir Marius
écrit à

   


Claude Frollo

   


Mon âme

   

Res Publica Genuae, Annus Domini 2008

Cher Dom Frollo,

Expliquez-moi le dogme de la Trinité et la gravité du crime d'adultère, s'il vous plaît.

Je vous salue cordialement,
Sir Marius


Maître Marius, amicus meus,

Avec quel enthousiasme aurais-je en d'autres temps disserté sur l'Épître aux Éphésiens, Epistula beati Pauli apostoli ad Ephesios, et sur les merveilles que recèle son premier chapitre, cette louange à pleine voix, à perdre haleine, de la Trinité à l'oeuvre dans la rédemption! Quoniam per ipsum habemus accessum ambo in uno Spiritu ad Patrem.
 
Avec quel feu aurais-je commenté la parole du Christ, «ego autem dico vobis quoniam omnis qui viderit mulierem ad concupiscendum eam iam moechatus est eam in corde suo». Hélas! ces mots me touchent aujourd'hui au plus vif de ma chair, sans que j'ose désormais me pencher sur leur acception...
 
Car je suis malade, amicus, mon âme n'a, ni repos, ni trêve -mon esprit n'est plus disponible pour aborder de si profonds sujets. Je brûle de fièvre ardente et mon intelligence se consume dans ces flammes comme une cire qui fond. Oh! l'homme est donc si faible, qu'il lui suffise de pensées charnelles pour se voir détourner malgré lui de ce qui faisait jadis sa passion et son souffle de vie?
 
Adieu, amicus, pardonnez-moi d'avoir été si bref -je n'ai plus d'énergie, hormis dans la faim de la chair qui me dévore à hurler -je n'ai plus de passion que dans la domination des sens. Si Dieu veut que je trouve une issu au mal qui me ronge, je reprendrai alors cette exégèse avec vous.
 
dom Claude Frollo, archidiacre