Maria-Libera
écrit à

   


Claude Frollo

   


Honte

   

J'ai épluché, par hasard, quelques lettres que certaines personnes vous ont envoyées.Vous trouvez que le crime, débauche,... c'est terrible?

J'espère pour vous que jamais, grand Dieu jamais, vous ne viendrez dans notre époque car, vous tournez à un coin de rue, à Liège, on vous saute à la gorge avec un poignard. Ou dans le parc, à Charleroi, on vous propose drogue, alcool,... Dans le métro? On vous jette sur les rails juste parce que vous avez «osé» regarder quelqu'un. Et cette main, cette main de mendiant, sale avec une clope dans une main et une bière dans l'autre! Notre époque n'est que décadence, violence, meurtres gratuits!

Maria-Libera

Dame Maria,

Qu'est-ce donc que le métro? Et les rails? Et une clope? Mais je crois deviner, malgré votre usage de termes qui ne me permettent qu'imparfaitement de me faire une image du monde où vous vivez, que vous côtoyez quotidiennement cette violence que je peux voir dans certains quartiers de Paris, à mon époque, sur les rives de Seine où s'entassent murdriers, larrons, malingreux, francs mitoux, marfaux et oiseux, qui détroussent, mendient, pillent, se prostituent, assassinent parfois!  Je ne crois pas que mon siècle ait à envier au vôtre, et il est désolant que l'humaine nature soit si souvent la proie de ses plus vils instincts.

Mais, par-dessus tout, je ne peux que déplorer la preuve que me donne votre missive de la perpétuation de cette ignominie, de cette misère morale et physique, du désespoir, de la folie, du meurtre, à travers les siècles qui nous séparent.

Que Dieu apporte, dans sa mansuétude, toujours plus de lumière dans l'âme obtuse et vulgaire de nos concitoyens!

Allez en paix,

Dom Claude Frollo, archidiacre