Laetitia
écrit à

   


Claude Frollo

   


Dédicace Quasimodo

    Bonjour Claude,

Je vous écris aujourd'hui pour vous demander un service. Il y a une chanson que j'ai découverte il n'y a pas longtemps qui me fait penser à Quasimodo à chaque fois que je l'écoute. Est-ce que vous pourriez lui en transmettre les paroles pour moi?

Voici les paroles:

T'es beau,
T'es beau parce que t'es courageux,
De regarder dans le fond des yeux,
Celui qui te défie d'être heureux.

T'es beau,
T'es beau comme un cri silencieux,
Vaillant comme un métal précieux,
Qui se bat pour guérir de ses bleus.

C'est comme une rengaine,
Quelques notes à peine,
Qui forcent mon coeur,
Qui forcent ma joie,
Quand je pense à toi,
À présent.

J'ai beau,
J'ai beau me dire qu'au fond c'est mieux,
Même si c'est encore douloureux,
Je n'ai pas de recoin silencieux.

C'est beau,
C'est beau parce que c'est orageux,
Avec ce temps je connais peu,
Les mots qui traînent au coin de tes yeux.

C'est comme une rengaine,
Quelques notes en peine,
Qui forcent mon coeur,
Qui forcent ma joie
Quand je pense à toi,

Toi qui sors de scène,
Sans armes et sans haine,
J'ai peur d'oublier,
J'ai peur d'accepter,
J'ai peur des vivants,
À présent.

T'es beau...


Merci d'avance,

Laetitia



Madame,

Je ne suis guère amateur d'art poétique -à moins que son éloquence ne soit adressée à la gloire de Dieu. J'avoue de plus avoir eu toutes les peines du monde à comprendre le sens du texte que vous m'avez adressé; les phrases en sont décousues, leur structure même m'est parfois inintelligible. Hélas! Que sont devenus iambes et dactyles, iambi et dactyli -et cet art de la scansion qui faisait la grandeur de nos poètes antiques?
 
Non, madame, je ne vous aiderai point à propager d'aussi pauvres pages; encore moins à ce pauvre hère qu'est Quasimodo! Le malheureux a déjà tant de difficulté à épeler ses lettres, comment pourrait-il s'intéresser à un tel verbiage? Laissez-le en paix -ne le mêlez point à ces jeux dérisoires et vains, qui ne pourraient que nuire à l'existence honnête que je lui permets de mener en la cathédrale.
 
Je ne puis que vous conseiller d'abandonner ce que je n'ose nommer littérature -et de retrouver l'éblouissement que procure la lecture des auteurs grecs et latins, Graecorum Latinorumque scriptorum.

Que Dieu vous guide et vous éclaire dans vos choix!
 
dom Claude Frollo, archidiacre