Louise
écrit à

   


Claude Frollo

   


Cher Dom Claude

   

Cher Dom Claude,

J’habite en Angleterre et j’espère que vous pardonnerez mes erreurs en français (je sais que vous
comprenez le latin, le grec et l’hébreu mais je doute que vous compreniez l’anglais).

En anglais, le titre du roman «Notre-Dame de Paris» est devenu «The Hunchback of Notre-Dame (le bossu de Notre-Dame». Mais je crois que le meilleur titre serait «The Archdeacon of Notre-Dame (l’archidiacre de Notre-Dame)», parce que Hugo raconte vos sentiments et vos émotions surtout. C’est vous qui dirigez la
plupart des événements dans l’histoire (mais je pense que vous diriez au contraire, c’est la fatalité qui
les dirige !)

Un grand nombre des lecteurs du roman croient que vous êtes le traître du roman. C’est vrai que votre
comportement est bizarre, mais je crois qu’ils ne comprennent pas votre angoisse. Vous avez vécu de
votre enfance sans tendresse, loin de votre maman et vous avez mené une vie monacale, en fait vous avez
fait vos études à l’école religieuse. Par conséquent, vous manquez d’expérience avec les femmes, vous
souffrez de solitude et vous faites des erreurs affreuses. Alors, j’espère que vous pourriez
d’admettre quelques conseils afin d’arriver à faire la cour à Esmeralda. Afin d’obtenir la main d’une
demoiselle vous devez être doux avec elle. C’est une très mauvaise idée de crier « profanation », de la
suivre partout et même de l’emprisonner, et de poignarder son petit ami!

Je sais que vous avez de la compassion parce que vous avez élevé ton frère cadet, et vous avez sauvé
Quasimodo de son sort horrible. Vous avez besoin de montrer votre bonne facette à Esmeralda : elle est
sans mère et elle n’a aucune famille (je crois qu’elle se sent seule aussi) et elle pourrait répondre
positivement à la gentillesse (elle a dit à Gringoire, « Je ne peux aimer qu’un homme qui pourrait me
protéger »). Je me rends compte que vous ne voulez pas jouer le rôle du père d’Esmeralda, donc, je vous
offrirai les conseils d’une amie. Je ne veux pas discréditer Esmeralda, néanmoins, je veux attirer
votre attention sur un ou deux faits : elle est très jeune et elle a peu d’expérience dans de genre de
choses et elle juge sur les apparences (et les apparences peuvent être trompeuses). Selon
d’Esmeralda, l’homme qu’elle aime doit porter « un casque en tête, l'épée au poing et des éperons d'or
aux talons.» C’est évident pour elle, les apparences sont très importantes ! Je suis consciente qu’un
archidiacre ne peut pas porter de l’armure, mais je propose que vous montiez à cheval (pas une mule),
achetiez des bottes, et si vous deviez porter une soutane, portez une d’une couleur séduisante, d’un
tissu raffine et la tiens propre. Et s’il vous plaît, détruisez votre grande cape à capuchon parce qu’elle
couvre vos beaux yeux, votre trait le plus frappant. Détendez-vous, soyez gentil avec Esmeralda et ne la
regardez pas en fronçant les sourcils. Prenez note qu’un sourire en vaut des milliards des mots !

Enfin, mon cher Claude, une question de plus. J’ai visité la cathédrale de Notre-Dame de Paris plusieurs
fois. J’ai montée l’escalier de la tour nord et c’était une ascension fatigant  -  à la dernière
marche, j’ai été à bout de souffle ! Comment pouvez-vous monter l’escalier plusieurs fois par jour,
du parvis à votre cellule en haut ? Si je peux me permettre de faire remarquer que vous devez être en
bonne forme et vous devez avoir des jambes très fortes…

J’espère que je ne vous ai pas vexé avec mes conseils.
Je vous les offre avec des meilleures intentions.

Bien amicalement,
Louise


Dame Louise,

Lorsque l'on arpente des escaliers en spirale à longueur de temps, on ne prête plus guère attention à la fatigue que cela représente, leur descente ou leur ascension entrent dans les habitudes quotidiennes. De plus, il est rare que j'aie besoin de les gravir d'un trait, le plus fréquent étant d'y accéder à partir d'un étage déjà élevé de la cathédrale. Mais peut-être vos contemporains ont-ils perdu le goût de l'effort?

Cette discipline de tous les jours a, sans doute, développé à mon insu ma force physique, moi dont la stature déjà haute et puissante, alta et valida, est si difficilement compatible, je m'en rends compte à présent, avec la condition d'homme d'église… et la description que vous faites de moi me laisse à penser que vous n'y êtes pas insensible…

Compte tenu de vos origines d'outre-Manche, j'envisageai au départ ne pas vous répondre, car il m'était impensable d'entretenir un échange de lettres avec nos ennemis de toujours. Mais les sages de Dialogus m'ont informé que ces querelles entre nos nations respectives ont cessé à votre époque. Et puis, vous portez le prénom du Roi de France, et le nom de la Dame de Beauté… Aussi accepterai-je de converser avec vous.

Vous semblez avoir cerné beaucoup de ma personnalité, avec pertinence et sollicitude– chose rare si j'en crois les courriers que je reçois, si j'en juge par l'impopularité qui me poursuit, mais dont, à dire vrai, je me moque éperdument et qui n'a jamais troublé ma rêverie. Oui, vous avez perçu l'importance de mon rôle dans l'Histoire, alors que vos contemporains me rejettent sans comprendre la hauteur, l'ardeur de mon âme et de mon intelligence; oui, vous avez deviné la tendresse et la pitié qui ont bouleversé mon coeur dans ma tâche de père adoptif; oui, vous avez remarqué la flamme dont mon regard brûle, témoin de ma puissance et de ma virilité…

Vos paroles me touchent. L'intérêt que vous semblez me porter, vos conseils amicaux, cherchant à m'aider dans mon désarroi, me donneraient-ils espoir de voir la passion qui m'habite ne plus être repoussée? Pourrais-je imaginer un futur de bonheur, de sérénité, d'amour, et comment réaliser un tel rêve, moi qui suis prêtre, sans sombrer dans l'impureté, anagneia?

Dame Louise, belle et bonne amie, je me souviendrai de la douceur et du sourire que vous me conseillez, vous dont la gentillesse des propos a quelque peu éclairé les heures sombres que je traverse actuellement.

Que Dieu vous garde dans Son infinie miséricorde,

dom Claude Frollo, archidiacre.



Cher Dom Claude, 

Je vous remercie beaucoup de répondre à ma lettre – je sais que vous devez être occupé par vos devoirs comme archidiacre de la cathédral de Notre-Dame de Paris, et préoccupé aussi par certaines problèmes personnels. (Cette fois, ma lettre n’est pas corrigée, donc, j’espère que vous pardonnerez encore mes erreurs en
français.) Merci beaucoup pour mettre de côté votre réticence de parler à une Anglaise ; je vous assure que au vingt-et-unième siècle, les relations entre nos
deux pays sont tout à fait cordiales (sauf pendant la coupe de monde...mais j’oubliais, vous ne sauriez rien de football!) C’est merveilleux que je puisse
communiquer avec vous à travers six siècles ; Dialogus est un site excellent! Je vous souhaite bonne chance. Si tout pourrait s’arranger pour vous...Mais, hélas!
Votre sort est dicté par Victor Hugo et la force de ANANKE...

An cas où vous ne comprenez pas ma mauvaise traduction en français, voici ma lettre en anglais - peut-être vous pouvez parler un peu anglais ?

(Dear Dom Claude: Thank you very much for responding to my letter - I know you must be quite busy with all of your duties as archdeacon of the Notre-Dame
Cathedral and also preoccupied with certain personal problems. Thanks also for putting aside your reluctance to speak to an English person, I assure you
that in the 21st century, relations between our two countries are completely cordial (except during the World Cup...but I forgot, you would know nothing about
football!). It is amazing that I can communicate with you across six centuries; Dialogus is an excellent site! I wish you good luck. If only things could work
out for you...But alas! Your fate is dictated by Victor Hugo and the force of ANANKE…Your friend,

Louise)

Très amicales pensées,
Louise