Ayméric
écrit à

   


Léo Ferré

     
   

Petite chanson sur un de tes airs

    Salut Pépé-grandes-pattes!

Je t'offre à toi aussi une de mes compositions sur l'air des Anarchistes. Compréhensible par quelques-uns, mais chantable par tous. C'est sympa tes oeuvres!

AYMERIC LE TRISTE


Il est grand, il est beau et pourtant il est triste,
Aigri par l'existence, sérieux comme un curé,
Aussi gai que Staline, et sympa comme Carrier,
Aymeric le Triste...

Il a passé ses trente ans, s'est casé récemment,
Avec une fille dans l'vent, bien roulée et pourtant,
Est encore hésitant, se méfie d'tout les Jean,
Qui, croit-il, voudraient bien lui voler son butin...

Il est grand, il est beau et pourtant il est triste,
Aigri par l'existence, sérieux comme un curé,
Aussi gai que Staline, et sympa comme Carrier,
Aymeric le Triste...

Il a l'comique en lui, 'pourrait faire du ciné,
Et surtout le samedi, le petit aime garder,
Quand il rend service, jusqu'à Bali on l'sait,
Il se saigne aux quat' veines pour tous ceux qu'il aime...

Il est grand, il est beau et pourtant il est triste,
Aigri par l'existence, sérieux comme un curé,
Aussi gai que Staline, et sympa comme Carrier,
Aymeric le Triste...

Quand il lira sa vie, la r'gardera bien à fond,
Se dira «Eh, bien oui! Ah! J'étais rudement con,
D' n'avoir point profité quand j'avais tout les pions,
D' remporter la partie qu'était bien engagée...»

Il est grand, il est beau et pourtant il est triste,
Aigri par l'existence, sérieux comme un curé,
Aussi gai que Staline, et sympa comme Carrier,
Aymeric le Triste...

Car à force de lasser sa petite Patricia,
D' lui mettre une bride sur l'cou, de lui dire «fais pas ça!»,
Se prépare activement des lendemains qui chantent pas,
Est-il donc si borné qu'il ne le comprend pas?

Il est grand, il est beau et pourtant il est triste,
Aigri par l'existence, sérieux comme un curé,
Aussi gai que Staline, et sympa comme Carrier,
Aymeric le Triste...

Créée par moi, Erick, le 9/09/1999.
Sur la musique de «Les Anarchistes» de LEO FERRE.



Salut,

Tu me fais revenir dans une vie où je recevais et recevais des cassettes, des disques, des textes. Fraternellement. Pour que j'écoute, pour que je donne mon avis, pour mettre une note. J'écoutais, je lisais, sans donner mon avis, sans absolution. Ça m'aurait fatigué l'évangile. Avec mes chansons, fais ce que tu veux. Tu prends Les Anarchistes, tu la déloques, tu bourres tes mots. J'écris pour moi, d'abord. Et après mange la chanson qui veut. Ou la mastique et la décharne. Que te dire de tes anarchistes? Mon hiver s'en fout, ça n'a pas la moindre importance. Mes chansons ce sont mes copines, de drôles de filles, venues d'on ne sait où, peut-être de la vie, peut-être de la mort, faites pour alpaguer le chaland. Je connais leur vie de passe. Toi t'es passé et t'es marron. Moi aussi. «Sympa tes oeuvres» me dis-tu. Ces mots…, sympa…, oeuvres…, je ne les reçois pas. Pas répertoriés sur mon cadran. Tu as mis à ton refrain le compte de syllabes. C'est bien, ça chante. Alors, chante. Joue avec ton verbe arlequin. Cherche la magie, ça s'invente, ça se provoque. Elle est peut-être dans ton butin, avec ta the nana. Celle-là, mets-lui l'eau courante au fond de la bouche. Prends la comme les mots, lâche-lui la bride, déborne-la. Tu pourras la sortir dans ta littérature.

Salut.

Léo