Isa 
écrit à

   


Léo Ferré

     
   

La mort

   

Écrire, quelle dérision! Continuer d'écrire, d'attendre une réponse. Quelle folie quand tu as écrit «Avec le temps, va tout s'en va»: ce n'était pas vrai, la douleur est toujours là, l'amour qu'on a éprouvé est toujours dans le cœur. Il provoque une douleur qui te bouffe, qui te fait souffrir. Apprendre à vivre avec.... Pas si facile, je n'y arrive pas. Envie de te rejoindre...


Bonjour,

Encore vous, toujours vous, la suite de la fable «L'ours et la grenouille». Que vous dire? Jouez avec le temps, perdez avec le temps. Il n'y a qu'un trou à la roulette. Alors, misez, misez encore. Votre tour va sortir. Il restera ce quatrain d'outremort, les caresses pour remplacer les mots. Essaye, essaye...

«Caresse les idées qui mouillent sous l'orage»
«Caresse l'invendu comme un aspect du mal»
«Caresse la couleur comme la fleur de l'âge»
«Caresse l'imagination qui va au bal»

On arrête là ou alors en l'an 3000.

Léo



Et si je vivais avec l'espoir que tes mots soient vrais,
Qu'avec le temps va tout s'en va,
Même la douleur et la souffrance?
C'est en t'écoutant que j'essaie d'y croire.
Désolée de te polluer avec mon espoir!
Comme tu dis, ça n'en vaut pas la peine.
Rien ne vaut la peine...


Mes mots sont vrais, estampillés, poinçonnés.
Et, comme il faut à notre correspondance le mot de la fin, ce sera du Francis Ponge et son «brisons là». Ne mettez plus de maux ici même, ce sera le fin du mot.

Léo



Oui, facile.
Quand ça ne rentre plus dans le «cadre» ça vire.
Quand ce ne sont plus des éloges, des mots qui vont dans le sens poétique de l'auteur alors… tant pis.

Salut!