Émilie
écrit à

   


Léo Ferré

     
   

Je vous dis merci...

   
...car je suis bien avec vous. Je ne suis pas souvent bien avec les autres, mais avec vous si.

bien à vous,

Émilie



Il faut, Émilie, doubler la vie, la recomposer d’une solitude et d’un exil tricheurs, arborer les infractions comme réponse unique. Tu as mal aux autres. Habille-les de gaze, tu ne les verras plus. Je t’ai croisée l’autre jour. Tu m’avais convoqué sur une chanson. J’ai ouvert ma porte. Je t’imagine depuis ma fragilité et mets du chagrin dans ta banlieue. S’il fallait aller plus loin je t’emmènerais vers un temps atomique pour chiffrer nos derniers organes. Tu es bien dans ce disque qui n’en finit plus. Un plus un, c’est pareil, ça va loin, des virgules, des suspensions, la marée qui s’ouvre.

J’ai déjà écrit pour toi, vers toi, des mots codicilles, rappelle-toi: «Ouvre-toi, ouvre-toi, ton chagrin m’émerveille, ouvre-toi, défais-toi, prends du large aux étoiles, elles te jalouseront dans le ciel inventé, les étoiles, là-bas, ne sont que ta source, et quand la source coule, les étoiles éteintes se mettent en batterie, je te bats, tu me bats, je t’apprends, tu t’en vas, tu me prends… La folie, dans ce siècle imprévu et canaille… La folie… Ah ! La folie… Je t’aime, je t’aime… Et tu le sais… Et tu le sais…»

C’est moi quand tu es avec moi. Donne-moi ta raison que je l’écrive en folie. Baci.

Léo