Joël Foisy 
écrit à

   


Léo Ferré

     
   

Jean-Roger Caussimon

    Monsieur Ferré,
 
Parlez-moi de Jean-Roger Caussimon, votre ami, poète et comédien.
 
Joël



J'avais écrit qu'il nous devait un grand poème sur cette dame qui le mettait à la merci au fond de tout ce qu'il écrivait. Un jour, par les airs, elle est arrivée, la suprême infirmière. Je me suis mis au piano, comme avec les autres copains de la notte.

Sans plus de manières, je l'ai mise sur la scène de l'Olympia, une mémoire en guenilles, une chanson ajourée. Et un souffle venu des premiers rangs.

C'était ça Caussimon, un souffle, vent debout.

On fréquentait les mêmes chagrins, les mêmes passantes, on récoltait de belles indifférentes.
Il était de la race ailée, volant à côté du temps, à côté du vent, empruntant des interstices où glissait sa poésie réfractaire.

On est ensemble en ces années grises, on se voit, on se dévisage, une ride en plus. Il n'y a plus la casquette, mes cheveux sont allés se faire déteindre. Je l'aime cet homme, inébranlablement.
Il ne faut pas en écrire plus. Assurer une continuité, une veille. Dans une poche mettez le Seghers 161, dans une autre, une musique légère. Et un peu d'imagination sur des enregistrements post mortem.

Ciao.

Nous deux