Régine
écrit à

   


Léo Ferré

     
   

Jean Ferrat

   

Avec Ferrat, vous représentez à mes yeux les deux grands «F» de la chanson à texte. Vous avez mis en musique et chanté l'un et l'autre Aragon, de manière différente mais ô combien magistrale! Quel regard portez-vous sur Jean Ferrat en tant qu'homme, poète et interprète?

Je vous salue avec respect. Vous nous manquez, vos mots, vos coups de gueule nous manquent aussi, dans ce monde qui se veut politiquement correct, et qui marche sur la tête...

Régine


Avec lui, on était dans des chansons «à la marge», même si on a pris parti différemment. J'ai aimé les communistes, de loin, sur quelques idées. Mais pas en groupes, en ligues, en procession ou en mots d'ordre. Karl Marx, ils l'ont bien oublié à la consigne.

Avec Ferrat, il nous reste Aragon, à perdre la raison. Des vers qui chantent tout seuls. Avec ou sans nous. Il nous reste aussi Antraigues et Castellina, des coins pour reverdir, des bouts de solitude, des arbres à serrer. Et puis nos chansons pour demain.

Encore ça: vous parlez de mes coups de gueule. Je n'ai jamais gueulé que des coups de cœur. Je vous embrasse.

Léo