Sébastien
écrit à

   


Léo Ferré

     
   

Frangin

   

L'anarchie, les femmes, l'écriture, la vie.
Tu as tout chanté.
D'une manière qui m'est plaisante et énergétique.
Ça doit faire un bon mois que je ne t'ai pas écouté, tu me manques.

Maintenant, que nous reste-t-il à faire? Poétiser? Trouver une surface à l'âme?
Ouais, je crois bien.

Comme tu disais, un problème, une solution, par où commencer?
Rien qu'en t'écrivant, je trouve des réponses à mes questions, tu le crois ça!

D'ailleurs, tu crois (tu sais la croix, tout le blabla, même les autres, d'ailleurs!)?

Quoi qu'il en soit, pour tout ce que tu as fait, merci frangin.


Salut Sébastien,

J'ai tout chanté. Pas tout à fait. J'ai chanté ma vie, j'ai mis des mots sur quelques incursions et dérives maritimes. Sans chercher à parler aux autres. En mettant simplement des clartés musicales sur mes gouffres. Notre rencontre est de hasard. Tu reçois tout ça, je te manque, je te lis aussi. À toi de trouver quelques passages, de goûter quelques éclairages matinaux pour te débarrasser du jeu des questions et des réponses. Conserve tes énigmes, mets-leur un peu de brume, regarde les, d'ailleurs. Tu verras l'incroyable. Et nous poursuivrons notre correspondance sur des mesures muettes, sur une tonalité duale. Quant au verbe croire, nous n'en parlerons jamais.

Léo


Salut frangin!

Les dérives, je connais, sans en chanter, j'en ai vécu. Dérives et des rives. Le hasard, putain, m'en parle pas: «Et leurs géométriques ailes ne pourront dessiner l'ennui dont se meurent les parallèles». Je meurs, mon pote, comme toi, tu le sais, je meurs de vivre. J'ai, dans mon assiette, la vie en live, comme un avion en l'air. Mais y'a pas de piste d'atterrissage, elle est floutée. Le sais-tu, l'as-tu vu? Mon avion est bien dans la brume, justement, j'y vois qu'dalle. Mes énigmes sont depuis trop longtemps résolues; l'incroyable, je l'ai vu et senti. J'en suis ressorti nu, vilipendé, scarifié de partout, avec pour seul repère ma bite et mon couteau, tu le sais encore.

Au final, pour faire bref, parce que l'onyx de ma conscience me dit de te le dire: va te faire croire, pauvre con.

Je t'aime.


Sébastien


Pareil, copain. Et pour appareiller, ces mots opéra, ces mots printemps, ma poésie guillemets:

«Le temps c'est mon ami on joue ensemble
Je t'apprendrai si tu veux
Tu as bien le temps
Les nuits sont longues
Et puis le temps c'est notre ami à tous les deux
À tous les cent
À tous les mille
À tout ce qui essaie de respirer pour ne pas être en reste
Devant la moisissure du bonheur et de la chance»

À suivre, tu sais où.

Ciao.

Léo