Myriam
écrit à

   


Léo Ferré

     
   

20 ans

   

Cher Léo,

Je viens d'avoir vingt ans. C'est bien, non?


Myriam,

Je vois…
Pour tout bagage, l’expérience des parents, du tiers comme du quart et tutti quanti.
On va ailleurs.
Du côté de Nizan, de Truffaut, des banalités à deux balles ?
Non plus.
Vingt ans, bien ou pas bien.
Je ne comprends pas ce vocabulaire.

Vingt ans
C’est demain
Ne te retourne plus jamais plus
Derrière toi il n’y a plus qu’un enfer délaissé éteint vide
Je te laisse demain
Je te donne l’amour qui se donne et se tait
Qui s’enchante à se fondre au bout de la tristesse
Je te laisse l’amour comme ça
Qui s’exaspère à tant d’amour
Et qui n’est connu que par les fous d’amour
Et demain c’est l’amour
C’est des mains qui se joignent

Des mains sur une page du dernier chapitre
Demain c’est la vie imagée
Vas-y
Aime

Vingt ans
Des lignes reconnaissables
Pour éviter une réponse oblique
Un conseil usurpé

Je t’embrasse
Accélère

Léo