Tal
écrit à

   


Albert Einstein

     
   

Une explication douteuse

    Cher Albert Einstein,

Dans l'un de vos messages vous répondez pour expliquer que la lumière doit avoir une vitesse limite par une explication qui me paraît tout à fait douteuse. En effet vous dites que si quelque chose pouvait aller plus vite que la lumière un projectile pourrait atteindre sa cible avant que la balle ne sorte du fusil. Je pourrais modestement vous répondre que nous voyons le tonnerre avant de l'entendre. Notre perception en tant qu'humain ne fait donc pas les lois de la nature.

Ce genre d'explication me fait penser aux faux paradoxes scientifiques souvent cités par les professeurs de sciences qui ont toujours eu le pouvoir de particulièrement m'agacer. Si une personne n'a pas le savoir scientifique minimum nécessaire pour comprendre les lois de la nature doit-on falsifier celles-ci pour les faire comprendre à cette personne, ou pour les faire paraître plus séduisante à notre esprit? Non car la vérité des lois de la nature se fiche bien de la perception que les hommes peuvent bien en avoir.

Sincèrement,

Tal
 

Tal,

Concernant la partie de votre message sur les lois de la nature, vous avez absolument raison; les lois existent bien, qu'on les comprenne ou non. Nul n'est besoin de les manipuler. Je vous invite à cet effet à lire ma lettre intitulée «Les mathématiques issues de l'esprit humain». Je pense que vous aimerez.

Je ne partage pas, en revanche, votre point de vue sur la vitesse de la lumière. L'exemple du tonnerre, que vous donnez, est très mal choisi. Vous comparez la vitesse de la lumière (l'éclair) à la vitesse du son (le tonnerre). La raison la plus fondamentale pour laquelle il «doit» y avoir une limite supérieure à la vitesse de la lumière, c'est le principe de causalité. La cause doit toujours précéder l'effet. Si la lumière n'avait pas une vitesse limite déterminée, le principe de causalité serait brisé, et oui, nous verrions un projectile atteindre sa cible avant qu'il n'ait quitté le fusil. Ou alors, vous pourriez remonter le temps et tuer votre grand-père, du coup, vous n'existeriez pas, créant un paradoxe temporel. Désolé de vous contredire, mais c'est bien la réalité.

Albert Einstein