Alexis C.
écrit à

   


Albert Einstein

     
   

Les gens vous acceptaient-ils aisément? 

    Cher Albert Einstein,

Je suis un collégien qui aime les maths et la philosophie. J'en fais moi-même de temps en temps. J'essaye de faire des citations comme vous le faisiez mais je pense que je n'y arriverai jamais. J'admire beaucoup la théorie de la relativité que vous avez élaborée. Elle est simple et complexe à la fois. J'admire aussi beaucoup les nombreuses citations sur la société humaine, car elles sont réelles et comiques.

Maintenant quelques questions:

- Comment vous sont venues toutes vos idées et vos théories? Vous sont-elles venues comme ça, ou en planchant dessus pendant des heures?

- Etiez vous apprécié et intégré ou au contaire repoussé? Les gens vous acceptaient-ils aisément?
 
J'espère que vous pourrez me répondre aussi vite que possible. Et si vous n'y arrivez pas, alors utilisez votre citation: «rien n'est plus proche du vrai que le faux».
 
Alexis C.



Cher Alexis,

Je vous remercie de vous intéresser à  la relativité et à  mes théories. Elles sont très stimulantes. Mes idées et théories me sont venues à  force de réfléchir sur la nature physique des phénomènes naturels, et sur les explications que la science en donnait à  l'époque. Comme plusieurs explications ne me convenaient pas, j'ai profondément à ces sujets. Je tentais toujours de réfléchir en faisant table rase de tous les acquis de la science, ce que les autres chercheurs avaient de la difficulté à  faire. Cela ne veut pas dire que je n'y ai pas mis le temps. La théorie de la relativité restreinte et ses corollaires sont venues assez rapidement et sans trop de difficulté, mais j'ai mis plusieurs années et ma santé en péril pour définir les équations de la relativité générale. J'avais bien l'idée de ce qui se passait, mais je ne trouvais pas la formulation mathématique pour le schématiser.

Je n'ai jamais été bien intégré, et il faut dire que je n'ai jamais cherché à  l'être non plus. On peut me classer comme un marginal de la science. Plusieurs physiciens se sont demandé d'où je sortais, en 1905, et ils ont toujours gardé leurs préjugés à mon endroit, à quelques exceptions près. J'ai toujours appris en marge des autres et je n'étudiais que ce qui me convenait, ce qui avait le don d'exaspérer mes professeurs, notamment un professeur de Grec qui m'avait demandé de quitter son cours en me lançant: «Einstein, vous ne ferez jamais rien de bon!» Les autres gens, autrement dit le public en général, et les non chercheurs, m'ont toujours fait un accueil extrêmement chaleureux. Charlie Chaplin m'a d'ailleurs déjà  dit: «Les gens m'acclament parce qu'ils me comprennent, et vous, parce qu'ils ne vous comprennent pas». Mais je mène une vie passablement solitaire, autant dans mes travaux que dans mes loisirs, et je ne cherche aucunement la notoriété ni les mondanités.

Albert Einstein