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Albert Einstein

     
   

La lumière, la religion, l'homme et les dimensions?

    Cher Maître,

Il me vient à l'esprit quelques questions que je ne peux résoudre par moi-même.

Je comprends parfaitement que la vitesse de la lumière soit la vitesse maximale de toute chose et que rien ne peut voyager plus vite.

Si je tire avec un fusil qui peut tirer des balles qui vont à la vitesse de la lumière, le tir sera strictement instantané et donc je toucherai ma cible au moment même où j’appuierai sur la gâchette.

Donc, si j’ai bien saisi, si je tire avec un fusil tirant des balles allant deux fois plus vite que la lumière, je toucherai ma cible avant d’avoir tiré et c’est donc cela qui rend le fait que la vitesse de la lumière est la seule vitesse maximale possible?

Mais quant à l’image de l’homme dans un train voyageant à la vitesse de la lumière, si cet homme se déplace dans ce train du wagon de queue au wagon de tête, se déplace-t-il plus vite que la lumière «théoriquement»? Pour une personne qui n’est pas dans ce train, le train lui semblera invisible car de longueur infiniment réduite, et donc il ne peut voir le voyageur se déplacer. Mais qu’en est-il des autres voyageurs de ce train? Ils le voient se déplaçant à vitesse de marche ou ne peuvent-ils le voir non plus? J’ai du mal à saisir ce qui définit cette limite de vitesse: est-ce en rapport à ce que les gens peuvent voir et donc en tirer comme conclusion ou bien tout est-il possible dans le domaine de l’invisible? Ces principes m’échappent un peu.

Quant aux grandes questions sur les existences divines, je pense que, oui, un ou plusieurs dieux ou modèles d’existence existent dans le sens où les hommes, parfois ou généralement, en ont besoin. Qu’est-ce qui pousse parfois certains hommes à de la générosité pure envers les peuples opprimés? Leur religion qui leur apprend le partage et la compassion, plutôt que l’orgueil, l’égoïsme et la violence? La plupart des religions (je ne parle pas de ces sectes n’ayant que pour but le bonheur personnel de leur créateur, principalement l’argent dans la plupart des cas) invitent au calme, à la prière, à la méditation et à l’atteinte d’un bonheur spirituel et donc, à la sérénité…

Bien sûr, ne pointons pas du doigt les dépassements des croisades, membres du clergé poussant des femmes au bûcher (étaient-elles des scientifiques, en réalité... ou vraiment des pratiquantes de la magie et de la sorcellerie? Haha!), j’en passe et j’en oublie. Mais dans un sens, la religion a fortement freiné pendant tout un temps l’avancée scientifique des hommes. Supposons que vous soyez né à cette époque, avec vos théories et votre connaissance (qui eut été tout autre, vu l’époque), je me demande sur quel appareil de torture vous auriez fini vos jours!

Mais si -disons, aujourd’hui- la religion, les religions n’existaient plus, est-ce que cela permettrait à la science de progresser sans frein? Beaucoup de nos lois sont bâties sur celles provenant de religions. Encore de nos jours, certains font jurer sur la Bible, durant une comparution devant la justice, de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Certaines expériences dites «interdites» le sont pour des raisons religieuses aussi! Qu’en pensez-vous?

Cette question porte sur notre bien-aimée, notre adorée, notre chère matière grise! Généralement, que croyez-vous qu’il soit possible pour un homme que nous qualifierons de «normal»? S’il est vrai qu’il utilise 2% des capacités de son cerveau, l’écart se creuse parfois de manière incommensurable lorsque son Q.I. dépasse les 200 (je parle de Q.I., mais il n’est pas réellement possible de mesurer avec exactitude le potentiel de chaque personne par un chiffre), est-ce que cela représente… 8% ? ou plutôt un peu moins de 3%? Que serait capable de faire un homme (ou une femme, bien sûr, je parle de l’humain en général, évidemment) qui en utilise 100%? Croyez-vous que la télépathie, télékinésie, ce genre de choses qui nous semblent plus proches de la science-fiction soient possibles malgré tout?

On a pu remarquer que, parfois, certains jumeaux ou jumelles possèdent une espèce de lien curieux, une sorte de partage d’anxiétés, de bonheur ou d’état de santé malgré une séparation distante des deux personnes, ce lien nous échappe un peu et semble surnaturel, mais l’est-il réellement?

Et une dernière question, qui porte sur les dimensions. On peut représenter aisément les trois dimensions sur le papier, l’axe X, Y et la profondeur, Z. Mais la quatrième dimension, le temps, comment la représenter graphiquement? Un objet qui se déplace d’un point A à un point B se meut sur les trois dimensions, mais il a besoin d’une donnée T pour représenter le temps qu'il met pour parcourir ce chemin. Est-ce une simple ligne droite? Une flèche? Je sèche!

Merci de répondre à ces questions qui sortent, je vous l’accorde, parfois de votre domaine, mais à qui demander d’autre?

David GERARD

Technicien en Informatique

Cher David,

Vous posez beaucoup de questions. Voyons voir ce que je peux faire.

Votre exemple du fusil est très bien choisi: cependant, je vais corriger votre conclusion, bien qu'elle soit correcte. Le problème ici est le principe de causalité, qui dicte que la cause doit toujours précéder l'effet, sinon, comme vous dites, cela mènerait à toutes sortes de paradoxes, y compris le fait de remonter dans le temps et de tuer notre grand-père. Le principe de causalité doit toujours être respecté. Cependant, bien que le fait que la vitesse de la lumière soit un absolu qui permet de respecter le principe de causalité, ce n'est pas pour cette raison qu'elle constitue une limite. Une des propriétés de la relativité restreinte est l'augmentation de la masse avec la vitesse. Plus un objet va vite plus cela demande de l'énergie pour l'accélérer davantage. Autrement dit, cela demande plus d'énergie pour passer de 1000 km/s à 1100 km/s, que de passer de 500 km/s à 600 km/s. À des vitesses proches de celle de la lumière, la quantité d'énergie devient presque infinie ne serait-ce que pour accélérer l'engin de un km/s de plus. Ainsi, une balle de fusil ne pourra jamais aller à la vitesse de la lumière, ce qui fait que le principe de causalité est respecté.

Quant à l'homme qui avance dans un train se déplaçant à la vitesse de la lumière (en supposant que cela soit possible), hé bien non, l'observateur au sol ne le verrait pas se déplacer plus vite que la lumière. Cela en raison du simple principe de non-addition des vitesses. Aux vitesses que nous sommes habitués à observer, tout semble se passer comme si les vitesses s'additionnaient, mais cela n'est jamais le cas. Sur un train de déplaçant à 90% de la vitesse de la lumière, si un fusil tire une balle vers l'avant à 30% de la vitesse de la lumière, la vitesse relative de la balle ne sera pas de 120% de la vitesse de la lumière.

Les passagers du train verraient le passager se déplacer tout à fait normalement. En fait, si les fenêtres du train sont closes, les passagers n'ont aucun moyen de savoir s'ils sont en mouvement ou non. Ainsi, aucune expérience à l'intérieur du train ne permettrait de le déterminer. C'est comme lorsque vous êtes assis dans un autobus avançant à 100 km/h. Si un passager se lève et va vers l'avant à 3 km/h, vous le voyez se déplacer à 3 km/h, et non à 103 km/h.

Les existences divines doivent se limiter à la religion cosmique, qui existe en toute chose, et non en la présence de Dieux qui peuvent intervenir sur le sort des hommes.

Les sorcières, et les gens chassés généralement à cette époque, devaient posséder certaines connaissances scientifiques pouvant mettre en péril les dogmes enseignés par les religions, comme Galilée qui affirmait que la Terre tournait autour du Soleil.

Si les religions n'existaient plus, cela ne nous empêcherait pas d'agir en fonction d'une éthique humaine et de règles du respect de la vie. Ce n'est pas parce que nous ne croyons en aucun Dieu que nous pouvons faire toutes les expériences que nous voulons.
Je ne crois pas ces assertions qui disent que nous utilisons 2%, ou 10% de notre cerveau. Les analyses doivent être biaisées, ou alors les spécialistes connaissent mal le cerveau.

Je crois peu aux phénomènes surnaturels.

Le déplacement d'un objet dans l'espace à quatre dimensions est représenté par une ligne d'univers sur diagramme espace-temps de Minkowski à quatre coordonnées (x,y,z,t).

Albert Einstein