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          Dialogus

 Mallory
écrit à

Alexandre Dumas


Vos contemporains: Sand et Hugo


   


Le 10/02/2015


Cher Alexandre,
      
Je vous écris de mon collège pour un devoir. Je connais peu votre histoire et votre vie mais je pense en savoir assez pour vous poser quelques questions: j'ai noté que vous apparteniez à la même époque que George Sand. La connaissez-vous personnellement? Aimez-vous ce qu'elle fait? J'ai aussi remarqué que vos romans étaient remplis d'histoires. C'est par exemple le cas dans «Les trois mousquetaires». Comment trouvez-vous le sujet de vos romans? Qu'est-ce qui vous inspire le plus?

J'ai encore quelques questions à vous poser: je sais que vous êtes un écrivain du XIXe siècle et que vous êtes d'origine africaine. A-t-il été dur de vous intégrer dans la société de votre époque? J'ai appris dans certaines de vos lettres que vous connaissez Victor Hugo et que vous admirez son travail. Pourquoi admirez-vous son talent en particulier? Pensez-vous un jour être aussi connu que lui?

Je vous remercie de répondre à mes questions avec sincérité.

Bonne journée ou bonne soirée à vous. J'attends votre réponse avec impatience!
                  
Mallory



Ma chère Mallaury,


Vous aviez à me parler pour un devoir? Sachez que je déplore sérieusement de n’avoir pu vous répondre à temps. Un déplacement en Amérique m’a mis hors d’état de recevoir les courriers de mes lecteurs et d’y répondre. Cependant, j’espère que ma réponse, ne pouvant plus rien pour votre devoir, pourra encore servir à votre curiosité personnelle.

Je connais bien George Sand; je dirais mieux: je l’admire. Mais bien qu’elle ait à peu près mon âge, Notre-Dame de Nohant, comme j’aime à l’appeler, est plus proche de mon fils que de moi. Cela n’empêche pas que nous ne nous aimions beaucoup et que nous ne nous retrouvions aussi souvent que le temps et nos affaires ne nous le permettent.

Quant à Hugo, j’ignore qui de nous deux est le plus connu, tout comme j’ignore lequel de nous deux aime mieux l’autre. Mais fût-il plus connu que moi, je ne suis en rien jaloux de sa réputation. Mieux, je suis content pour lui car il le mérite. C’est un ami fidèle et loyal comme il n’en existe qu’un seul par continent, et encore, je suis généreux !

Quant à mes origines, je ne peux pas franchement dire qu’elles m’aient facilité les choses, au contraire. J’ai toujours su qu’il me faudrait travailler deux fois plus et qu’au moins, en ce faisant, j’aurais encore moins de temps pour entendre les méchancetés qui se disaient çà et là à mon égard. C’est ce que je fis, et je dois avouer que je suis bien aise d’avoir agi ainsi.


Espérant avoir satisfait votre curiosité, j’ai l’honneur d’être,
Votre humble et obligé,

Alex. Dumas.

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