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          Dialogus

 Enzo
écrit à

Alexandre Dumas


Respect


   

Paris, le 17 octobre 1860

Cher Monsieur Alexandre Dumas,

Je vous apprécie tout autant que Victor Hugo, qui a tant d'admiration pour vous. Comment avez-vous vécu cette enfance si difficile, avec un père mourant alors que vous n’aviez que quatre ans et une mère vivant dans la pauvreté? Vous n'avez pas pu faire d'études car votre mère, qui était Noire, ne touchait pas la pension militaire, Napoléon ayant réinstauré l’esclavage. Vous avez eu une enfance difficile, un parcours compliqué et pourtant, vous avez connu la gloire. C’est pour cela que je vous respecte: vous êtes un grand homme, vous représentez bien la France. Je vous envoie  mes plus grandes salutations.
 
À bientôt!
                                                                                                                                     
Enzo



Mon cher Enzo,


Je dois vous avouer que votre lettre m’a fait énormément plaisir. Mais avant de répondre à vos touchantes questions, je me dois de rétablir une vérité me concernant et vous éloigner d’une erreur au sujet de ma famille.

Ma mère ne fut pas noire. Seule ma grand-mère paternelle le fut. Elle vécut à Saint-Domingue, devenue Haïti, et mon père, qui était rentré en métropole avec monsieur le marquis son père, rencontra ma mère à Villers-Cotterêts, où ils eurent le bonheur de se marier. Mais il n’en demeure pas moins vrai que nous vécûmes dans la gêne, ma mère et moi, jusqu’au jour où je commençai à rencontrer du succès au théâtre. Ce ne fut pas du tout facile; mais il arrive rarement que celui qui a de la volonté, de la force de caractère et du courage n’atteigne pas au moins une partie de son objectif.

En attendant le plaisir de vous relire, j’ai celui d’être, mon cher,

Votre humble et obligé,

Alex. Dumas

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