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François
écrit à

Alexandre Dumas


Le comte de Monte-Cristo et autres histoires


   

Salut Anny,


C'est un message très gentil que tu m'envoies là! Je suis toujours très fier lorsqu'on me dit des choses si agréables, c'est une reconnaissance de mon talent.

Danser comme les Claudettes demande beaucoup d'entraînement et, comme tu le sais peut-être, je suis très méticuleux, très perfectionniste et donc très exigeant, mais c'est indispensable pour montrer un spectacle de qualité et mes fans méritent bien qu'on donne le meilleur de nous-mêmes.

Quant à être une légende, eh bien, j'espère que ce sera le plus tard possible car j'ai encore de très nombreux projets.


Remets mon bonjour à ta maman et je t'embrasse,

Cloclo


Cher François,


Je commencerai par vous présenter mes excuses de répondre si tardivement à votre lettre. Confiant dans votre compréhension, je l’ai un peu laissée de côté pour répondre aux torturantes exigences de mes éditeurs.

Pour ce qui est de mes origines, plutôt domingoises que dominicaines - ce qui est très différent - j’en ai grandement souffert, en effet. Nombre de mes confrères, Monsieur de Balzac en tête, ne purent se résoudre à me pardonner mon succès; ils ont tout essayé, procès, calomnies et insultes, pour me faire haïr du public et de moi-même. Mais il est des choses qui ont eu raison de tout cela, c’est l’amour de Dieu et du public, ma détermination ainsi que l’encouragement et le soutien indéfectible de mes amis.

À dire le vrai, je n’ai pas beaucoup de choses en commun avec Monte-Cristo si ce n’est la détermination et le goût pour le voyage. Le reste, à part ce que les chercheurs auront la satisfaction de mettre en lumière, est le fruit de mon imagination et de celle de mon collaborateur Maquet, à partir de quelques faits réels.

Quant à mon fils... Ah! Monsieur, voilà le plus beau, le plus fini, le plus rayonnant de mes ouvrages! Les liens que j’entretiens avec Alexandre sont à la fois des liens de père-fils, certes, mais aussi des liens que l’art a tissés entre nous. Je suis son premier lecteur et il est mon premier lecteur; il est mon conseiller littéraire, c’est à son appréciation que, depuis quelques années déjà, je soumets mes plans de drames ou de romans. Il est vrai qu’il m’utilise pour le même office et nous nous plions presque toujours l’un au verdict artistique de l’autre.

Enfin, je travaille actuellement sur une histoire du bonapartisme et sur un roman ayant pour cadre général la cour de Louis XI et les princes rivaux de son temps. Dieu veuille me laisser le temps de les achever!


Quoi qu’il en soit, je suis, cher François, dans le temps comme dans l’éternité, votre obligé,

Alex. Dumas

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