Retour en page d'accueil de
          Dialogus

Florian et Aurélien
écrivent à

Alexandre Dumas


Florian et Aurélien à Alexandre


   

19 novembre 2013

À Alexandre Dumas

Aimant la littérature, nous aimerions savoir... Combien avez-vous écrit de livres? Quel a été votre livre le plus célèbre? À quel moment est-ils paru? Nous avons appris que votre père était mort: est-il mort par suicide, par l'usage de drogue, de vieillesse? Et nous avons aussi appris que vous avez eu plusieurs maîtresses. Pouvez-vous nous dire pourquoi avoir choisi ce mode de vie? Comment réagiriez-vous si vos enfants, que vous ne connaissez pas, vous retrouvaient: que feriez-vous?

Dans l'espoir d'une réponse, veuillez agréer, monsieur, l'expression de nos sentiments distingués,

Florian et Aurélien


Mes chers Florian et Aurélien,

J’eusse d’abord voulu vous dire le bonheur que j’eus en découvrant le lieu d’émission de votre lettre, qui m’a révélé que j’étais en communication avec des compatriotes; mais un tel bonheur est indicible. Ensuite, je voulais vous encourager, et vous encourage à conserver, cet amour de la littérature, me félicitant que mon œuvre ait pu contribuer à cet amour.

Et à propos de mon œuvre, vous désirez justement savoir combien de livres elle compte; mais c’est un malheur, mes chers, car c’est ce que je suis proprement incapable de vous dire. En effet, étant actuellement à Florence, (j’y suis depuis maintenant quelque temps), où mon fils a eu la bonté de me faire parvenir votre courrier, je n’ai pas en ma possession de quoi vous en établir un compte précis. Néanmoins, je ne crois pas exagérer ma fécondité artistique en évaluant ma production littéraire, à cette date, entre cent cinquante et deux cents ouvrages, tous genres confondus. Parmi ceux-là, ceux dont je crois avoir eu le plus de succès sont «Les trois mousquetaires», ainsi que «Vingt ans après» et «Le vicomte de Bragelonne», qui forment la trilogie des mousquetaires; «Joseph Balsamo» et les trois autres que j’ai réunis sous le titre de «Mémoire d’un médecin», «Le Comte de Montecristo», la trilogie des Valois, mais aussi «Le chevalier de Maison-Rouge», sans oublier «Les compagnons de Jéhu»... À vous, maintenant, de me dire lequel est votre préféré!

Pour ce qui est de mon père et de mes maîtresses, mes chers, souffrez que je vous renvoie à une réponse que j’ai récemment faite dans ce même courrier des lecteurs via lequel vous m’écrivez.

Enfin, si jamais j’avais des enfants dont j’ignorais l’existence et que la Providence, un jour, voulût qu’ils se présentassent à mon cœur de père, je les eusse accueillis comme fut accueilli l’enfant prodigue et j’eusse alors été le plus heureux des hommes!


Entre temps, j’ai l’honneur d’être votre très obligé compatriote,

Alex. Dumas

************************Fin de
        page************************