Émilie
écrit à

   

Charles Darwin
Charles Darwin

     
   

Citation de Thomas Mulcair

   

Cher Monsieur Darwin,

J'ai lu, il y a quelques mois, une intervention de Thomas Mulcair -député néo-démocratique au Québec- suite à une question du journal «Le Devoir» visant à connaître son opinion à votre sujet. Comme l'intervention m'a bien fait rire, j'aimerais vous en faire part pour savoir ce que vous en pensez. Voici un extrait de l'article:

«Thomas Mulcair, tout en soulignant que «c'est un des très grands penseurs des deux cents dernières années», n'a pas pu résister à la tentation d'attaquer ses adversaires. Je suis malheureusement confronté à des conservateurs d'arrière-banc tous les jours, alors je ne suis pas certain qu'il [Darwin] avait complètement raison sur l'évolution de l'espèce, mais on continue de garder l'espoir, a lancé le député du NPD. Disons que l'homme descend du singe plus ou moins vite selon le cas».

Pour vous mettre dans le contexte, des députés conservateurs, souvent créationnistes, avaient aussi été interrogés et vous insultaient presque.

Je vous remercie à l'avance de votre réponse,

Émilie


Chère Emilie,

Ce que vous me dites me rappelle le débat entre l'évêque Samuel Wilberforce et Thomas Henry Huxley qui eut lieu à Oxford le 30 juin 1960, quelques mois après la publication de mon livre sur «L'Origine des espèces». Je n'ai pas personnellement assisté à ce débat, n'ayant pas l'habitude de participer aux discussions autres que strictement scientifiques à propos de ma théorie. Je ne connais donc que par ouï-dire les propos qui y ont été tenus.

D'après ce qu'on m'en a dit, et d'après ce que vous me dites, les enjeux du débat de 1860 me semblent assez proches de la controverse dont vous me parlez. Au nom de la stricte orthodoxie religieuse, l'évêque Wilberforce arguait contre l'idée d'évolution des êtres vivants, alors que Thomas Huxley, éminent biologiste, soutenait ma théorie. Il est à noter que, dès cette époque, des théologiens plus libéraux et plus enclins à l'étude des faits scientifiques que Samuel Wilberforce avaient adopté mes idées, comme par exemple le révérend Baden Powell, par ailleurs éminent mathématicien.

Au cours du débat, à ce que certains disent, l'évêque Wilberforce aurait demandé à Thomas Huxley s'il préférait descendre d'un singe par son grand-père ou par sa grand-mère, à quoi Thomas Huxley aurait rétorqué qu'il préférait descendre d'un singe que d'un évêque comme Wilberforce.

La remarque assez plaisante, sous forme de boutade, de Thomas Mulcair, me semble être de la même veine.

Cordialement,

Charles Darwin