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Amaryllis et Boukadida
écrit à
Princesse de Clèves
La Princesse de Clèves


Invitation


   


Chère princesse de Clèves,

Nous aimerions beaucoup avoir la chance de vous inviter à notre prochaine fête.

Cela fait trop longtemps que nous rêvons de vous rencontrer. Nous souhaiterions danser, discuter et ensuite boire un verre avec vous mais si cela ne vous convient pas, nous nous contenterons alors de vous voir car vous êtes notre idole. Si vous acceptez, nous vous parlerons de nos projets futurs, de la vie que nous menons... Nous désirerions avoir un entretien avec vous. Notre fête se déroulera le 11 décembre de 19h40 à 21h40.

Nous aimerions que vous nous parliez de vous. Est-ce bien d'être un personnage de fiction? Avez-vous déjà été invitée à une fête? Avez-vous déjà eu un entretien avec une personne réelle?

Si vous ne pouvez pas venir, merci de bien vouloir répondre à cette invitation, c'est très important pour nous. Enfin bref, nous vous envoyons cette lettre pour vous dire à quel point nous aimerions que vous soyez présente à cette fête. Nous attendons votre réponse avec impatience.

Amaryllis et Imene


Bonjour chère Amaryllis,

C'est un très joli prénom que vous portez là, un prénom de fleur. Les amaryllis ont fleuri au printemps dans mon manoir, puis se sont fanés bien vite...

Je n'ai qu'aujourd'hui votre gentille invitation; j'habite un désert et il est souvent difficile d'y entretenir des contacts suivis avec le monde. Votre missive me va droit au cœur, et je regrette de n'en avoir pas eu connaissance avant.

J'espère que votre fête était belle, que vous avez dansé et pris du bon temps. Je ne serais pas venue de toute façon; j'ai pris il y a quelques années la décision de quitter la compagnie des hommes et me tiens à cette promesse. La Cour et ses fastes me déplaisent maintenant, et je préfère la compagnie de mes livres, fidèles amis de mon cœur.

Ne soyez pas triste ni déçue, ce n'est nullement que je ne veuille pas vous voir. C'est que le monde me fait horreur.

Profitez bien de votre jeunesse pétillante, Amaryllis au si doux prénom.


Bien chère vous (ou cher, j'ignore à ma honte si vous êtes garçon ou fille),

Vous voudrez bien me pardonner la lenteur impardonnable de ma réponse. Je vis au fond du bout du monde, loin du commerce de la société, et les courriers ne m'arrivent qu'occasionnellement. Votre pli m'a fait chaud au cœur, et je regrette de n'avoir pas pu y répondre à temps pour votre fête. Je vous remercie de votre invitation, et j'espère que vous avez pris du bon temps à cette soirée à laquelle vous me conviiez. Mais je n'aurais pu m'y rendre. Non que je ne veuille pas vous rencontrer. C'est que la compagnie des hommes me rebute. J'ai vécu à la Cour et en ai connu les fastes et les travers. Ma vie a été illuminée par des rencontres qui l'ont par la suite brisée. L'hypocrisie, les mensonges, la duplicité, les intrigues me font peur et je préfère ma solitude. Je me plais en compagnie des livres; leur étude apaise mon âme tourmentée et verse en mon cœur blessé un baume rassurant. J'aime aussi à lire les nouvelles que m'envoient quelques amis.

Si vous voulez que nous correspondions, écrivez-moi; mais ne cherchez pas à me rencontrer, laissez-moi à ma solitude.

Bien à vous.

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