Bastien
écrit à

   


Jules César

     
   

Les événements de l'année 49

   

Avé César!

Je m'appelle Bastien et je suis en quatrième. Je vous écris car je m'interroge sur les évènements de l'année 49 avant Jésus-Christ dans lesquels vous êtes impliqué.

Vous reveniez victorieux de votre campagne en Gaule. Vous étiez alors consul de Rome et dirigiez, avec Pompée et Crassus, Rome. Vous saviez que, sans l'autorisation du Sénat, il vous serait interdit de rentrer en Italie à la tête de votre XIIIe légion. Vous saviez aussi que cette décision pouvait plonger Rome dans une guerre civile. Je me demande quelles étaient vos motivations lorsque vous avez décidé de franchir le Rubicon. L'histoire a montré que cela vous conduirait à être dictateur avec les pouvoirs absolus. Était-ce votre seul objectif et saviez-vous les risques que vous preniez? La république romaine était-elle si corrompue pour que vous décidiez de la détruire?

Pour finir, les historiens semblent indiquer que vous avez été affecté par l'assassinat en Égypte de Pompée, votre opposant et ancien allié du triumvirat. Était-il encore pour vous un ami? Est-ce pour cela que vous avez combattu Ptolémée XIII ou pour l'amour de sa sœur et épouse Cléopâtre?

Je vous remercie d'avance de votre réponse et je vous salue, ô grand Imperator!

Bastien


Ave!

César ne sait pas qui est ce «Christ»; il s'agit sans doute de l'an 705 de Rome? Mais Crassus était mort depuis quatre ans, dans le désert de Carrhes, vaincu et tué par les Parthes.

Pour le reste, oui, César a hésité avant de franchir le petit fleuve qui marquait la limite de la légalité. Pourtant, il le fallait: en Gaule, neuf années durant, César a pu mesurer combien était dépassée la mise en coupe réglée du monde par une vieille République municipale, en proie à des rivalités claniques. Ces peuples que Rome agrège à sa vision de la civilisation, ces notables, ces cités aspirent à être pleinement romains et non pas livrés au pillage d'aristocrates désireux d'agrandir leur vaste fortune.

Le projet politique de César, c'est la construction d'un état à l'échelle du monde, organisé autour d'un chef unique, mais assez souple pour que chacun puisse un jour en devenir citoyen, voire y exercer des responsabilités, comme les officiers gaulois de César, les seuls à ne l'avoir pas trahi, quand ses meilleurs généraux se rangeaient sous les aigles de Pompée. Seule Rome est destinée à porter ce vaste projet et César n'admettra pas qu'un roi, eut-il des souvenirs de gloire millénaire, croie pouvoir attenter à la vie d'un général romain: Ptolémée XIII a commis ce crime, il l'a payé. Quant à sa sœur, c'est une simple question de politique: elle représente le moyen le plus économique de faire entrer l'Égypte dans le nouvel ordre en construction. César achèvera cette entreprise l'an prochain, en éliminant le dernier danger pour la paix: l'empire parthe, qui a osé assassiner un consul de Rome et prendre les aigles de ses légions; César les fera défiler à Rome, devant la colonne des Parthes vaincus.

Vale!

Caius Iulius