Olivier
écrit à

   


Jules César

     
   

Fuite de Rome et tentation pour le pouvoir...

    Ave puissant César,

J'ai quelques questions qui «titillent» ma curiosité, pourrais-tu avoir la patience de m’éclairer Impérator ?

Pourrais-tu me dire ce que tu penses de ton petit neveu Octave? Qu'est-ce que cela évoquerait pour toi si demain tu apprenais que celui-ci est Empereur de Rome? Colère, fierté, jalousie, bien que ce dernier terme me paraisse peu approprié pour le grand homme que tu es?

Que ferais-tu si on t’informait que des sénateurs ont pour projet de t'assassiner au Ides de Mars, dont certains seraient tes «amis» et un qui est lié à toi par le sang? Serais-tu sans pitié ou ferais-tu preuve de clémence après les avoir entendus sur leurs motivations pour en arriver à ce crime?

Quelles ambitions ou projet avais-tu pour Marc-Antoine? Était-il ton fils spirituel?

Est-il vrai que tu as du fuir Rome sous la dictature du général Sylla car tu étais apparenté à Marius même par alliance? N’as-tu pas été tenté de faire comme ce Général cruel: entrer avec tes légions dans Rome pour t’approprier le pouvoir par la force et la terreur? Pompée n’a pas osé lui, mais toi?

Beaucoup de questions me brûlent les lèvres, mais je n’abuserai pas plus de ton temps car j’imagine que celui-ci t’est précieux!

Que le Consul, Proconsul des Gaules, Dictateur et Impérator du Sénat reçoive mes respectueuses salutations.

Que les Dieux te soient favorables,
Vale

Olivier


Ave,

L'imperator est sensible à votre intérêt pour lui, mais un peu abasourdi par le nombre de questions.

César ne sait pas ce que sera l'avenir, même si, augure et grand prêtre, il le lit parfois pour le peuple de Rome dans le vol des oiseaux; mais, comme le dit Cicéron, deux augures ne peuvent se regarder sans rire (de la crédulité des Romains).

César ne croit pas que C. Octauius ait la moindre chance de lui succéder un jour: ce jeune homme malingre et maladif sera incapable de galvaniser et commander sur le terrain les légions sans lesquelles il n'est pas de pouvoir durable. M. Antoine sera le véritable héritier de César qui lui a confié d'importantes responsabilités militaires en Gaule: c'est un chef de valeur, capable d'administrer une vaste province, adulé de ses hommes. Seul son goût immodéré des plaisirs peut le perdre, mais, après tout, Alexandre n'était-il pas aussi un zélateur effréné de Bacchus et de Vénus?

César a de tout temps été du parti populiste de Marius, son oncle par alliance, et quand le parti aristocratique de Sylla a triomphé et fait payer aux populistes leurs règlements de compte sommaires, César a fui ce bain de sang avec, chevillée au coeur, l'horreur de verser le sang romain. Non, César ne veut pas être maître de Rome à ce prix et sa clémence est acquise à tous ceux qui se rallient à lui, même tardivement et après avoir agi contre lui. Quelle imagination! César n'imagine pas un instant votre hypothèse d'un complot contre lui: il a ramené la paix et réconcilié les ennemis d'hier et Rome lui en est reconnaissante.

Vale!