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Sonia
écrit à

Rose DeWitt Bukater


S'il en avait été autrement


   

Chère Rose,

Tout d'abord, laissez-moi-vous dire combien je suis heureuse de vous retrouver sur ce site. Depuis que je la connais, j'ai toujours beaucoup aimé votre histoire.

Ma question est la suivante: pourquoi avez-vous toujours refusé de parler de votre aventure sur le Titanic avec votre mari et vos enfants? Peut être qu'ils se seraient montrés compréhensifs.

Ensuite, quand vous êtes arrivée à New York, qu'avez-vous fait en tout premier? Avez-vous revue votre mère Ruth? Jusqu'à quand avez-vous eu peur d'être reconnue? Qu'auriez-vous fait si vous aviez porté l'enfant de Jack?

Désolée pour toutes ces questions mais j'avoue qu'elles piquent ma curiosité.

Je vous embrasse fort, Rose, et je m'excuse encore si je fais remonter en vous des souvenirs douloureux.

Sonia


Chère Sonia,


Tout d'abord, je vous remercie pour votre courrier plein d'attention à mon égard. Il est toujours plaisant d'en recevoir et de constater qu'on m'apprécie pour la personne que je suis réellement. Pour répondre à votre première question, si je n'ai jamais parlé de mon passé et du Titanic à ma famille, c'est tout simplement pour éviter les questions trop douloureuses sur une vie qui n'était pas la mienne ou sur ma relation avec Jack. Mon défunt mari a eu, certes, quelques interrogations sur mon histoire mais, certainement par respect pour moi, il n'a jamais cherché à savoir la vérité. Il m'a, par ailleurs, souvent attribué l'adjectif «mystérieuse» lorsqu'il était amené à me décrire mais je ne souhaitais pas qu'il doute de mes sentiments envers lui qui étaient vraiment sincères et donc, je me suis tue pendant toutes ces années. Peut-être, oui, qu'ils auraient été compréhensifs mais, par crainte du contraire, je n'ai pas osé prendre de tels risques.

Quand j'ai débarqué, seule, à New-York le 18 avril 1912 sous une pluie battante, je n'avais plus rien mais comme j'ai toujours eu une passion pour le théâtre, je me suis alors naturellement tournée vers le studio le plus connu des USA à cette époque: la Biograph. J'ai été figurante dans divers petits films et j'ai été payée cinq dollars pour quelques jours de travail seulement. Par la suite, j'ai rencontré mon mari puis j'ai quitté la scène afin de m'occuper pleinement de mes enfants.

Concernant ma mère, je ne l'ai jamais revue depuis le naufrage et je n'ai entrepris aucune démarche pour la retrouver. J'ignore si elle est encore en vie actuellement et je m'en contrefiche! Elle ne m'a jamais témoigné un quelconque acte d'amour maternel, seuls son rang et son patrimoine avaient de la valeur à ses yeux.

Votre dernière question est la plus délicate et vous êtes la première personne à me la poser mais je pense que la réponse est évidente... Jack est le premier homme dont je sois tombée éperdument amoureuse et porter son enfant aurait été une manière de lui donner une seconde existence. Une partie de lui aurait continué de vivre mais ce ne fut pas le cas, donc ne nous attardons pas sur ce sujet.

J'espère que mes réponses auront assouvi votre curiosité, cela fut un plaisir de vous écrire.

Avec toute mon affection,

Rose

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