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Orane et Marie
Lettre écrite dans le cadre d'un projet scolaire (Quatrième F)
écrit à

Emma Bovary


Questions sur votre vie (2)


   

Chère Madame Bovary,

Nous sommes des élèves de collège et nous étudions votre vie qui nous intéresse beaucoup.

Nous avons commencé à vous étudier grâce à une bande dessinée et nous aimerions avoir des informations supplémentaires. Nous nous permettons donc de vous poser quelques questions pour mieux vous connaître: vos parents vous ont-ils forcée à vous marier avec Charles? Comment avez-vous rencontré Rodolphe? Est-ce que vos sentiments se partagent entre Charles et Rodolphe? Pourquoi ne quittez-vous pas Charles pour aller vivre avec Rodolphe? Rodolphe a-t-il plus de défauts que Charles? Pourquoi pensez-vous à vous suicider alors que vous pourriez rejoindre Rodolphe? Est-ce que vous reverrez Rodolphe? Avez-vous des enfants ? Et avec qui?

Nous attendons vos réponses avec impatience pour apprendre à vous connaître encore mieux.

Cordialement,

Orane et Marie


Mesdemoiselles,

Je m'étonne grandement de ce que vos professeurs vous laissent ainsi converser avec une grande personne sans prendre la peine de lire les bavardages de demoiselles qui se mêlent de choses qui ne sont pas de leur âge, et qui trouvent une place surprenante dans leur éducation ainsi faite. Mes correspondances avec le futur m'ont appris déjà que les jeunes filles de votre temps pouvaient elles aussi aller au collège, et que la courtoisie n'était pas soumise aux mêmes règles. Toutefois, évoquer ainsi et en public des aventures supposées -et nommément désignées!- ainsi que la possibilité que je puisse moi-même souhaiter l'excommunication en me donnant la mort sont au-delà de ce que je puis admettre de la part de mes correspondants. Puisque d'autre part vous prétendez connaître ma vie grâce à ce je ne sais quoi de dessiné, vous saurez sans doute ce qu'il en est de mes parents. Enfin, vous noterez sans doute par vous-même l'absurdité de votre dernière question, qui me demande de prédire mon avenir. Étonnez-vous: je ne le puis. Je ne sais si votre professeur juge bon une pareille correspondance; enfin, qu'il m'écrive, lui, afin de me dire ce qu'il attend de ce que j'enseigne à de jeunes oiselles mal venues.

E. B.

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