Anaïs
écrit à

   


Louis II de Bourbon

     
   

La duchesse de Bourbon

    Votre Majesté,

Il paraît qu'en cette année 1686, l'épouse de votre petit-fils (Louis III de Bourbon-Condé), Louise-Françoise (fille du roi et de madame de Montespan) a eu la petite vérole et que vous êtes resté auprès d'elle tout ce temps au risque d'attraper la maladie.

Certains disent que vous considérez Louise-Françoise comme votre petite-fille légitime. Cela est-il exact, considérez-vous la fille du roi comme la vôtre?

Qu'est ce qui vous a charmé chez cette enfant?

Recevez tous mes respects,

Anaïs


Madame,

D’abord, laissez-moi vous corriger sur un point important d’Etiquette. Je ne suis point une «Majesté», je laisse ce titre à mon cousin le Roy. Je porte celuy d’Altesse Sérénissime.

Je vous avoue, Madame, ne point comprendre très bien de quoi vous me parlez. Mais je vous rappelle que cette année 1686 n’est point encore terminée et peut-estre me parlez-vous là d’evenements à venir, ce que, d’après leur nature, je ne souhaite point.

La duchesse de Bourbon est une jeune personne charmante. J’aime, pour ma part, sa personne entière.

Vostre dévoué,

Louis de Bourbon