Alexandre D.
écrit à

   


Louis II de Bourbon

     
   

La bataille de Rocroi et Vatel

    Bien le bonjour, Votre Altesse,

Vous êtes sans doute l’un des guerriers les plus fameux de l’Histoire et je tenais à vous féliciter pour vos magnifiques victoires de Rocroi et de Seneffe. Vous avez glorifié le royaume de France! Avez-vous également combattu à Wissembourg, en Alsace, comme me l’a affirmé mon père? Vous êtes-vous jadis engagé dans la Fronde uniquement à cause de votre sœur, ou bien aviez-vous des griefs personnels contre le roi? Vatel était-il un si bon maître d’hôtel que cela? Vous a-t-il bien servi? Quelle opinion avez-vous du cardinal de Richelieu, votre oncle par alliance? Et de la reine mère et de Mazarin? Quels sentiments avez-vous pour votre frère, le Prince de Conti, et votre sœur, la Duchesse de Longueville?

Je vous remercie par avance de votre réponse,

Alexandre D.
un de vos lointains descendants

Monsieur,

Je vous remercie de vos mots au sujet de mes victoires. En effet, il est arrivé que les campagnes que je conduisis durant les différentes guerres dans lesquelles je combattis me menâssent en Alsace.

Je n’ay jamais eu, Monsieur, de griefs contre le Roy. Je ne peux en dire autant sur le Mazarin. Ma soeur n’est point une raison suffisante pour mon engagement dans la Fronde. Je me permets d’ailleurs de rappeler à vostre mesmoire que nous estions dans des camps adverses lors de la première Fronde.

Vatel m’a très bien servi et sa mort, ainsy que ses circonstances, fut une chose bien sombre. Je garde cependant d’excellents souvenirs de cet homme.

Feu le prince de Condé, mon père, avoit jugé bon de lier ma destinée à une nièce du cardinal de Richelieu. Mais cela n’entend pas que leur relation fut de tout tems sans nuages. En ce qui me concerne, la jeunesse me faisoit désirer la liberté que je ne trouvois ni avec mon père ni avec Richelieu. J’avois aussi des sujets de rancune contre luy, qu’il s’agisse de l’exécution de mon oncle Montmorency ou encore de mon mariage. Mais le respect et l’obéissance que je devois à mon père l’emportèrent et, dans la suite, je demeuray fidèle au cardinal jusques à sa mort.

J’eus le plus grand respect pour la Reine Anne d’Autriche, malgré les événements de la Fronde et le fait que nous n’avons jamais esté les plus grands amis du monde. Vous vous doutez sans doute des sentiments que je portay au cardinal Mazarin.

En ce qui concerne mon frère, je ne fus jamais de ses admirateurs. Je ne peux en dire autant de ma soeur!

Voilà, Monsieur, les responses à vos questions.
Vostre desvoué,

Louis de Bourbon