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carole
écrit à

Atalante


Vous


   

Je n'ai jamais entendu parler de vous et comme je suis curieuse, j'aimerais en savoir plus sur vos origines et votre vie.

Carole


Salut à toi, Carole!

Je vais répondre à ta question avec plaisir, mais je me sens tout de même un peu insultée. Oh! pas par toi directement, mais par le fait que je sois si peu connue! Ce petit navet d’Achille a à peine quinze ans et déjà sa renommée surpasse la mienne! Et tous les devins disent que la guerre contre Troie fera de lui le guerrier le plus glorieux de sa génération. Pas étonnant que le monde nous ait un peu oubliés, nous, les héros –et héroïnes!- des temps antérieurs, nous qui vivions déjà dans l’ombre du grand Héraclès!

J’ai vieilli et épousé un homme, amie, mais il fut un temps où j’étais jeune et libre. Mon père, Iasos, fils de Lycurgue, désirait un fils comme tous les rois en désirent. Les dieux lui donnèrent pourtant une fille: moi. Furieux, il m’exposa dans la montagne, mais je ne mourus pas. Une ourse me tint au chaud et m’allaita jusqu’à ce que des chasseurs me découvrent et m’emportent. Les dieux voulaient que je survive. Après tout, je descends directement de Zeus et de Callisto par leur fils Arcas! Donc, je fus sauvée et de plus d’une manière. Si j’avais été élevée chez Iasos, j’aurais vécu comme une prisonnière, tandis que la vie d’une orpheline abandonnée dans la montagne fut beaucoup plus excitante.

Ce sont ces souvenirs-là qui me gardent en vie aujourd’hui. L’oracle a dit que je me perdrais dans cette vie de femme mariée. Eh bien l’oracle avait tort, car nul ne peut m’enlever mes souvenirs. J’ai voyagé dans tous les royaumes hellènes, côtoyé les plus grands princes, chassé auprès des meilleurs guerriers de ma génération; j’ai vécu, Carole, la vie qu’une femme ne peut que rarement espérer vivre.

Atalante

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