Merouane
écrit à

   


Achille

     
   

Une menace plus terrible

    De Merouane le Myrmidon à Achille le roi des Myrmidons,

Je te salue noble Achille. La guerre fait rage et je combats toujours avec ardeur pour vaincre les Troyens.

Mais pardonne-moi d'être franc: les soldats grecs, en particulier Ajax ou même Agamemnon, tuent des personnes innocentes comme les femmes et les enfants. N'avons-nous aucun honneur? Nous sommes des soldats et non des barbares sanguinaires! Dois-je regarder un Achéen violer une femme sans intervenir? Que sommes-nous devenus? Des êtres sans coeur!

Je ne suis pas venu combattre Priam et Hector pour des richesses ou pour de la gloire, mais pour rendre Hélène à Sparte et rien d'autre. Détruire n'est pas le sens de ma vie noble Guerrier, j'ai appris beaucoup de choses avec toi, tu m'a accueilli comme un fils dans ta tente, tu m'a raconté ta vie comme un frère, tu m'as emmené avec toi pour la guerre comme si j'étais un autre Patrocle et je te remercie.

Je quitte Troie grand guerrier, mais ce n’est pas une fuite, je pars affronter le peuple guerrier que sont les Hittites aux côtés d'une armée grecque coalisée, je porterai ton nom jusqu'en Orient, et tout le monde saura qui était Achille.

J'ai peur que bientôt ils viennent envahir la Grèce, et il faut quelqu'un pour les combattre, et ce sera moi.

À bientôt Achille, je t'écrirai.

Si tu crains les horreurs de la guerre, il fallait rester chez toi. Tu ne trouveras pas moins de destruction dans les combats loin de Troie.  Enfin, tu es libre. J'ai quant à moi des comptes à régler avec le prince Hector.

Que les Dieux te protègent chez les Barbares!

Achille


Ainsi, tu crois que j'ai peur? Et tu oses douter de mon courage? Il est vrai que je te respecte, blond guerrier, mais cela ne veut pas dire que j'ai peur de toi. Sache que je n'ai peur de rien ni de personne. J'ai combattu à Troie alors que ton conflit avec Agammemnon t'empêchait d'aider les Grecs face aux Troyens. J'ai combattu avec honneur et courage et tu oses me traiter de lâche?

Prends garde à toi.


Je n'ai jamais rien dit de tel. Tu t'énerves, mon ami. Tes paroles m'ont faussement guidé: j'avais cru y déceler un désir pressant de fuir les horreurs de la guerre, tel le cerf qui s'empresse de déguerpir lorsqu'un bruit se fait entendre. Pardonne le guerrier que je suis de n'y rien comprendre.

Achille


Je n’ai pas fui la guerre, grand Achille. Troie fût mon baptême du feu. Je ne me suis jamais battu avant cela, mais un jeune guerrier comme moi doit parcourir le monde à la recherche de sa propre vérité. Je ne puis trouver ma gloire à Troie, telle fût la réponse de l’oracle de Delphe.

Nous avons repoussé les Hittites de la Syrie et nous apprêtons à combattre des bédouins à Canaan.

Souhaite-moi bonne chance et salue Diomède de ma part.


Va et sois brillant!
 
Achille