Antoine
écrit à

   


Achille

     
   

Si cruel...

    Ô toi, bouillant Achille!
Je suis très fier de pouvoir t'écrire. Tu es mon héros préféré. Je t'admire énormément. J'ai treize ans, je suis en quatrième. Je m'appelle Antoine. J'aime beaucoup lire, surtout les histoires de la Grèce. Je voudrais te demander: toi qui est tellement courageux et noble, pourquoi as-tu été si cruel avec Hector?

Antoine
 

Antoine,

Je n’ai pas encore été cruel avec Hector. Il a tué mon ami, mon bien-aimé Patrocle. Je me vengerai et là, je peux t’assurer que je serai bien plus que cruel. Il souffrira tant que sa mort sera une délivrance. Je ne laisserai pas aux Troyens la chance de récupérer sa carcasse et le sort que je lui réserve restera gravé dans la mémoire des hommes à jamais!

Ne crois-tu pas que Hector a été cruel envers Patrocle? Ne crois-tu pas qu’il a mérité les souffrances qui l’attendent?

Achille


Bon, d'accord, tu vas te venger horriblement. Est-ce que ce pauvre Patrocle en sera plus heureux, chez les morts? Il faudrait te calmer un peu, Achille.


Me calmer? Mon Patrocle est mort et sa carcasse a été traînée dans la poussière comme celle d'un chien, déchiquetée dans la mêlée, et tu voudrais que je me calme? Qui es-tu pour me tenir pareil discours? As-tu connu les misères que je vis ici? As-tu vu périr tes amis, as-tu vu leur tête rouler sur le sol, leurs entrailles se répandre sur la terre, leur cervelle éclater? Je ne crois pas que tu sois apte à me donner des conseils!
Je te méprise, étranger, chienne de face, misérable rognure d'homme, coeur de cerf, toi qui ne connais pas l'honneur et l'amitié!

Achille