Darius Volker
écrit à

   

Achille
Achille

     
   

La question la plus importante

   

Grand Achille, j'honore ta force!

Je te soumets aujourd'hui la plus importante des questions. Tu as souvent dit lutter pour la gloire éternelle et même pour une place sur l'Olympe. Serais-tu le même si tu savais que cet espoir que tu lances par-delà la mort est absolument vain? Saurais-tu porter le poids d'une existence comme la tienne, si cette suprême espérance t'était enlevée?

Pour nous comprendre, noble Achille, il faut comprendre ces questions. Car nous ne lançons plus de javelots par delà le Styx, nos espérances s'arrêtent toutes avant la rivière...


Je te salue, ô étranger, bien que tu me dissimules ton nom!

J'ai longtemps réfléchi à ta question, car c'est une idée franchement nouvelle pour moi. La gloire serait en vain? Comment cela se pourrait-il? Il faudrait qu'il n'y eût aucune âme en chacun de nous et nul dieu. Comment un homme tel que moi peut-il envisager un tel monde? Cette perspective me donne le vertige. Les dieux auraient-ils donc abandonné la terre et le Chaos serait-il devenu le maître ultime? Rassure-moi bien vite, car mon coeur s'emballe!

Le monde tel que je le connais n'est pas dépourvu de sens. Les hommes sont munis d'une âme et d'une destinée. Les dieux interviennent en toutes choses et il est possible, si tel est notre destin, de s'illustrer auprès d'eux. La gloire pourtant n'est pas que la reconnaissance des êtres célestes, mais aussi le respect et l'admiration des pairs. Que mon nom soit connu, que l'ombre de mon bras effraie, que mes paroles soient écoutées, me réjouit et donne un sens à toutes mes quêtes. Il doit en être de même à plus petite échelle.

La mort n'est pas le gouffre que tu décris. Le repos des morts existe. En doutes-tu?

Achille