Scarlette
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Achille

     
   

Je suis un peu comme elle...

    Salut Achille,

Je m'appelle Scarlette, j'ai 21 ans et je ne comprends pas pourquoi vous dites que Deidamie n'est pas considérée comme Briseis. En fait, si je dis ça, c'est parce que je suis un peu comme elle: j'ai aimé un homme que mon père n'a pas voulu que j'épouse, alors que je n'avais que 18 ans. J'ai tout quitté pour lui, comme Briseis l'a fait pour vous. À cause de lui, je n'ai plus jamais revu ma mère et au bout de deux mois seulement, il m'a quittée pour une autre femme. Il a profité de mon corps et m'a jetée comme une vulgaire prostituée, car c'est vrai que les hommes s'intéressent seulement à ma beauté et à mon corps. Quand ils me voient, ils ne cherchent pas à savoir si j'ai bon coeur. Je n'ai que 21 ans et je suis déjà dégoûtée des hommes: il m'avait promis que l'on se marierait, mais je n'ai vu ni mariage ni bonheur...
 

Achille te salue Scarlette!

Je suis désolé de ta peine, de la trahison que tu as subie. Va chez ton père et réclame que ton honneur soit vengé. Qu’il envoie tes frères abattre cet homme qui a osé te manquer de respect! Si j’étais ton frère ou ton père, je ne négligerais rien pour venger ton hymen.

Briséis n’est pas ma femme, c’est une esclave. Je ne l’ai pas demandée en mariage, je l’ai prise, comme j’ai pris la ville où elle résidait, comme j’ai pris la vie de son époux, de son père et de ses frères. Elle est mon esclave et je suis son maître. Tandis que Déidamie est mon amour, ma vie. Je ne l’ai pas prise, elle s’est donnée à moi. Nos cœurs sont unis pour l’éternité. Elle est ma femme et je suis son homme. Tu comprends?

Allons, cesse de verser des larmes et venge-toi!

Achille
 


Salut Achille,

C'est Scarlette, je suis désolée d'avoir tardé à te répondre, mais je voulais te dire que tu avais raison: il y a une énorme différence entre Deidamie et Briseis. Deidamie est une princesse alors que Briseis est une reine. Eh oui, c'est une énorme différence! Autre chose: je viens de donner naissance à une petite CHARLIZE qui m'a fait tout oublier. Maintenant, elle est ma famille: je vis pour elle, même si elle ne saura pas qui est son père.
Bon, je te laisse, Achille, et prend bien soin de toi.
 


Protège bien Charlize et donne-lui toujours le double de ton amour.

Lorsqu'elle aura l'âge de raison, révèle-lui les secrets entourant sa naissance, envoie-la consulter la Pythie et laisse les dieux décider de son destin. Un père qui abandonne son enfant ne s'en sort jamais si facilement.

Achille


Je voudrais tout lui dire mais je ne peux pas je n'aurai jamais le courage et en plus, si je lui raconte mon histoire, elle va faire la même chose; alors non, oserais-tu dire à ton fils une chose qui le concerne et que tu regrettes le plus au monde? Moi je ne peux pas.

Peux-tu me raconter comment tu as connu toutes tes conquêtes?

Prends soin de toi.


Amie,

Ce n'est pas à moi de te dire quoi faire, mais ce soir, je me sens l'âme à conseiller.

Si tu ne révèles pas à Charlize la vérité entourant sa conception et sa naissance, tu porteras ce secret en toi éternellement. En grandissant, elle sentira que tu caches quelque chose d'important en ton coeur. Ne sous-estime pas la force du lien entre un enfant et sa mère. Ni la puissance libératrice de la vérité et de la confiance entre deux êtres. Et si elle découvre que ce que tu essaies de toute ton âme de dissimuler concerne son existence même, ne crois-tu pas qu'elle pourra douter de sa valeur?

Deuxièmement, ta fille peut emprunter le même chemin que toi, et ce même si tu ne lui révèles pas ta propre expérience. Par contre, si tu lui confies ton parcours avec sincérité, elle pourra en tirer une importante leçon et t'en apprécier davantage.

Raconte simplement, avec tes mots de femme, avec ton coeur et avec tout l'amour que tu portes à cette enfant. Car malgré la trahison, le malheur et la déception, il y a ton amour et une vie qui a vu le jour.

Maintenant, libre à toi de porter attention ou non à mes paroles.

De quelles conquêtes veux-tu parler? Car j'ai conquis des femmes, des trésors, des cités…

Que les dieux te chérissent!

Achille