Merouane
écrit à

   


Achille

     
   

Diomède

    Je te salue Achille, je m'appele Merouane et j'ai 11 ans. Bien que j'aie lu tous tes exploits dans les livres, tu demeures pour moi un grand modèle du guerrier invincible et sache que je pratique le sabre Kendo dans mes moments de loisirs pour devenir un jour un héros qui protégera les innocents, le faible et l'orphelin.

Mais j'ai lu quelque part qu'il y avait un guerrier du nom de Diomède qui perça de sa lance la main d'Artémis, une déesse (!), et qu'il aurait chassé Arès du champ de bataille, est-ce vrai? Qui est ce guerrier qui ose s'attaquer aux dieux et quel genre de courage peut pousser un homme à s'attaquer à une divinité? Et comment se fait-il que vous ne vous soyez pas battus tous deux? Peux-tu me donner quelques conseils sur ton code d'honneur ou sur ta manière de te battre?

Ça fait beaucoup de questions, je sais, mais je serais si heureux que tu puisses y répondre, peut-être qu'un jour je viendrai t'aider à combattre les Troyens, même si tu n'as pas besoin de mon aide, mais combattre à tes côtés serait un grand honneur; cependant je ne suis pas encore prêt, je dois encore m'entraîner.

Réponds-moi vite.
 

Salut à toi, Merouane le jeune guerrier!

Il est bon de savoir qu'il existe encore dans ton monde des jeunes hommes prêts à défendre leur terre. J'avais cru comprendre que les hommes de ton monde méprisaient le combat. Sache que nul être n'est plus digne que celui qui a le cri de guerre à la bouche; tu as le respect d'Achille.

Diomède est l'un de mes bons amis. Fils de Tydée, il est un vaillant guerrier et a connu de nombreuses victoires au combat. Comme moi, il fut entraîné par Chiron. Il est vrai qu'il m'a raconté avoir blessé Arès, mais c'est la main d'Aphrodite qu'il se vante d'avoir transpercée. Parfois, les dieux empruntent des formes humaines et se lancent dans la mêlée. Il est alors possible pour un guerrier de les atteindre. Cela ne me surprend pas.

Il me fera plaisir de t'accueillir parmi mes Myrmidons. Nous avons depuis peu repris le combat et rien ne me fait plus plaisir que de sentir la présence d'hommes décidés à tuer ou à réduire l'ennemi en esclavage près de moi. Rends-toi sur les côtes phrygiennes et demande le chemin de ma baraque. Tu seras reçu comme le serait mon propre fils.

Que les dieux protège ta tête et ton bras!

Achille


Ô grand Achille, je te salue.

J'ai cru que jamais tu vas me répondre, mais quelle joie de voir que tu m'as honoré de ta réponse à ma question. Je viens d'apprendre que Patrocle est mort, je te présente mes sincères condoléances, n'aie crainte, vaillant guerrier.

J'ai perdu un être cher, moi aussi, et je sais quel degré de colère on peut ressentir et j'ai l'intention de venir combattre ces Troyens maudits à tes côtés. Sache que le courage de Patrocle sera inscrit pour des siècles et des siècles et il sera connu comme le guerrier qui a osé se mesurer à Hector le dresseur de chevaux, nul autre n'aurait assez de courage pour le faire.

Je t'écris pour te dire que je suis sous tes ordres, commande-nous et derrière toi nous te suivrons, accorde-moi l'honneur d'expédier Pâris au royaume d'Hadès, ce n'est que justice pour venger la mort de Patrocle.

Force et honneur



Pardonne, ô Merouane bon pour le cri de guerre, le délai de ma réponse. La guerre fait rage, je combats chaque jour du lever au coucher du soleil. La fatigue n'a pas de prise sur mon bras, mais le soir, lorsque je retourne dans ma baraque et que je vois le corps de mon brave Patrocle, le meilleur de tous les hommes, je ne pense qu'à pleurer mon désespoir et jeter de la cendre sur mes cheveux. Phénix m'a convaincu de répondre aux tablettes qui attendent afin de me changer les idées. Mais là encore, tout me parle de Patrocle, tout me rappelle sa douloureuse absence.

Tu as raison, ils payeront ces chiennes de face, ils crèveront tous, les uns après les autres. Nul ne sera épargné. Viens, ami, viens effrayer les Troyens, viens voir le spectacle de leurs visages terrifiés. Viens te joindre à la mêlée! À mon côté, tu ne connaîtras que la gloire et si le fourbe Pâris croise ton chemin, tu le faucheras, à l'abri de mon bouclier.

Sois sans crainte, ma baraque t'est ouverte, ami! Que les dieux favorisent ta traversée!

Achille
 

Je suis enfin venu dans les rivages de Troie, noble Achille, et sache que je fais partie d'un corps vestimentaire envoyé par Argos. Je suis venu avec 80 navires de guerre pour prendre part au combat. À mon arrivée, j'ai voulu rejoindre les Myrmidon, mais je fus informé qu'Achille n'acceptait que les guerriers faisant preuve d'un courage exemplaire.
Aussi, pour prouver mon courage, je mis mon armure et pris mon sabre, et je partis seul dans le Mont Ida, et par chance ou par malchance pour lui, je vis Hector avec l'un de ses frères. J'aurais voulu que ce soit Paris, je ne te cache que j'ai eu peur, noble Achille. Avec courage, je me suis mis au galop en criant de rage; Hector me désarçonna, mais je l'attaquai et je réussis à briser son bouclier. Son frère, un jeune de mon âge, osa m'attaquer par derrière, mais moi en bon sabreur que je suis, je lui coupai la main. Hector, fou de rage s'apprêtait à me combattre farouchement, mais son frère, gravement blessé par mon glaive, semblait avoir mal. Il le prit dans ses bras et s'enfuit en me disant que désormais j'étais son ennemi juré, mais moi avec rage, je lui dis qu'il avait un ennemi encore plus dangereux que moi, qui ne demandais qu'à venger la mort de son ami qu'il avait lâchement tué, Achille.
À mon retour, tout le monde me regarda avec des yeux curieux; Ulysse salua mon acte de bravoure, Diomède me dit alors qu'il me considérait comme un frère.
Tu vois, noble guerrier, tu n'es pas seul, je suis avec toi, tout comme l'était Patrocle.

Ton ami Merouane le Myrmidon
 


Ami,

J’ai entendu le murmure de tes exploits. Montre-toi digne des dieux et de ta race et tu seras récompensé.

Maintenant, ne crains plus, viens à moi. Ce soir, ma baraque te sera ouverte.

Achille