Mijabat
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Achille
Achille

     
   

Briséis (2)

   

Achille,

Je vous admire depuis mon enfance, mais ne rejetez pas les femmes aussi facilement: c'est à cause de Briséis, pas seulement à cause de votre honneur, que vous vous êtes rebellé contre les diktats d'Agamemnon. Le grand honneur que vous fit Homère fut de vous rendre plus humain après la mort de Patrocle; ne rejetez donc pas ce côté de votre nature. Je vous ai admiré dans le paroxysme de votre douleur, j'ai pleuré avec vous dans votre acceptation de la mort, et par l'humanité dans votre rencontre avec Priam. Ne vous diminuez pas.

Ave atque vale.

Mijabat



Mijabat, salut!

Je n'ai jamais nié mes sentiments, ni avant, ni après la mort de Patrocle. Il est vrai que je portais un amour sincère à Briséis et c'est pour cela précisément qu'Agamemnon me l'a enlevée. Il connaissait mon attachement pour elle et voulait me blesser. Cependant, mon désir d'être reconnu à ma juste valeur par les princes surpassait mon amour pour Briséis, de cela n'aies aucun doute. Sinon, je l'aurais reprise lorsque les messagers d'Agamemnon sont venus me l'offrir, elle ainsi que de nombreux autres présents. Mais ce n'était pas suffisant et je voulais voir le généralissime de l'armée s'agenouiller devant moi et reconnaître publiquement que ma présence était essentielle pour remporter une victoire sur les Troyens.

Par contre, lorsque mon bien-aimé Patrocle est mort, j'ai mis de côté mon orgueil et n'ai pas hésité à faire la paix avec Agamemnon, afin de venger mon ami mort. Ainsi, je dirais que mon désir de gloire était plus important que mon amour pour Briséis, mais pas plus que mon amour pour Patrocle.

Que les dieux te soient favorables!

Achille