Djed Ramose
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Achille
Achille

     
   

Bêtise humaine

    Salutations, Achille!

Batailles, violences, agressivité semblent faire partie de la nature humaine et de la bêtise humaine. Les animaux ne recherchent que leur nourriture et les plantes ne sont à l'écoute que du soleil; quant aux insectes, ils s'occupent des plantes. Les humains se battent pour un bout de terrain ou pour changer de roi, de chef ou de système d'organisation de la cité où ils vivent. Pas bon tout ça. Peut-être que je me suis trompé de faisceau temporel en m'adressant à un «puissant guerrier» tel que vous, car telle est l'expression qui est parvenue jusqu'à nous au travers de votre légende qui aurait été écrite par un poète nommé chez vous Homère.

Maintenant, chacun passe le temps sur notre planète Terre comme il le désire, mais pas au détriment des autres. Comme disait un poète de par chez nous: «qui cueille une fleur dérange une étoile», alors cher Achille, vous pensez, une guerre!

Achille, j'ai bien l'honneur de prendre congé de vous. Portez-vous bien et puissiez-vous trouver calme et paix en vous.

Fait par Djed Ramose, terrien


Tu crois réellement tout ce que tu dis?

Voyons! Que fais-tu des loups qui se battent entre eux pour déterminer qui sera leur chef? Des cerfs qui en font de même pour se partager une femelle? Les batailles de territoires existent parmi les animaux et eux ils n’ont aucun code d’honneur. Ils ne respectent pas de trêves pour permettre à l’ennemi d’enterrer ses morts. Ils sont sauvages, ils sont purs. Les insectes et les plantes dissimulent des poisons fulgurants et gare à qui osera s’approcher! Tu ne vois pas tout cela? Tu ne vois pas la vérité? Nous sommes comme eux!

Une guerre vaut mieux qu’une paix hypocrite!

Achille


Salutations Achille.

Merci de me répondre, même sans tes salutations absentes! Mon parchemin était un peu naïf je te l'accorde, et nous humains sommes encore au stade des animaux puisque nous n'utilisons que 10% de l'organe que nous avons sous le crâne, et qu'à notre époque nous appelons cerveau.

Bien sûr certains animaux se battent pour un territoire et le marquent même de leur urine, ou autre liquide organique, oui des plantes piquent ou empoisonnent, oui des insectes piquent, sucent, agressent les peaux fragiles. C'est la vie quoi... Des insectes piquent par instinct, car ils sont faits pour ça. Mais on peut apprivoiser cela...

Tout étant mouvement, aussi il vaut mieux un calme volatil, qu'une guerre fixe! Nous sommes plutôt au stade d'une guerre fixe, même à notre époque en 2007 après J-C.

Par exemple: le bien suprême de l'eau, c'est quelle peut servir à tous. Une guerre quelle qu'elle soit ne sert à rien sinon à détruire.

Et qui dit guerre dit ruses et stratégies: donc mensonges et fourberies et meurtres encore et encore et pour la raison d'État. Elle à bon dos cette raison, mon cul oui!

La souplesse triomphe de la dureté; la faiblesse triomphe de la force. C'est le principe de la Croix, ou si tu veux, Achille, des croisements. Le haut s'appuie sur le bas et inversement!

J'insiste: l'enseignement sans parole, la valeur du non-agir, rares ceux qui sur terre y parviennent! Alors, agir au travers d'une guerre, ce n'est pas honnête, et effectivement animal.

Maintenant si ta voie ou personnalité a été de faire la guerre je te pardonne, car à ton époque, il était peut-être nécessaire d'organiser des territoires par des actions de forces (je n'aime pas les mots guerre, compétition, opposition, antagoniste, etc...) et qui dit guerre dit aussi gagnant ou perdant. Quel est le plus fâcheux Achille?

Rien n'est inutile comme disait le Haut Moine Sanzô de par le Japon.

Et j'ajoute: le sage n'a pas besoin de faire pour accomplir.

Paix et calme en toi Achille. Ce qui est fait est fait. Bien le bonjour à tes amis et bois à ma santé qui en a bien besoin.

Fait par le terrien Djed Ramose

Recevoir les salutations d'Achille est un privilège, Djed Ramose. Ceci étant dit, poursuivons notre discussion.

Tu es d'accord pour que l'homme soit en partie animal. Après tout, notre race est née de la Terre comme les autres races. Ce fait étant établi, il s'agit de savoir s'il est admirable ou non d'exprimer ouvertement cette bête.

Personnellement, je dis oui, mais c'est que j'ai un lion dans le coeur. Tu sembles opposé à cette idée, mais peut-être as-tu en toi un petit rat des champs? J'ai souvent constaté que ceux qui défendent le plus bruyamment la paix se débrouillaient fort mal à la guerre. Peut-être est-ce une coïncidence, peut-être est-ce inconscient, mais c'est tout de même intéressant à observer, ne trouves-tu pas?

À quoi servent les guerres? À quoi servent les combats? Car une guerre n'est qu'un combat à grande échelle. À imposer sa supériorité. Les perdants se plaignent toujours, car leur infériorité est insoutenable. Ils la détestent! Je comprends cela. Tous les jours, je vois des hommes se réjouir de la guerre, tant qu'ils sont vainqueurs et le lendemain pleurer et maudire cette même guerre parce que ma lance leur a traversé la poitrine. Les perdants dénigrent trop souvent les combats qui ont fait d'eux des perdants! C'est agaçant à la fin! Qu'ils assument donc leur faiblesse et cessent de mépriser la force.

Sur un point nous nous entendons. Les ruses, les mensonges et les stratégies sont une honte! Je suis un guerrier, Djed Ramose, je ne triche pas avec mon ennemi; je m'élance à découvert, je suis parmi mes hommes, ma sueur et mon sang se mélangent à celui de mes compagnons et de mes adversaires. Je ne cherche pas à sauver ma vie en trompant l'homme avec qui je me bats. Je suis franc et je suis fort. Ceux qui trépassent de m'avoir rencontré le sont honnêtement. Je méprise les rois qui craignent de s'avancer trop en avant et qui, de leur baraque, donnent des commandements et songent tout le jour à des tactiques pour piéger bassement l'ennemi.

De tous les temps les hommes continueront à s'imposer les uns aux autres.

Les plus forts gagneront toujours. Je ne te crois pas lorsque tu dis que la guerre n'est une nécessité que de mon époque. Elle l'est de toutes les époques! Les luttes changent parfois de visage, mais elles sont toujours des luttes. Des hommes contre des hommes pour savoir qui aura le dernier mot, qui s'appropriera les richesses, qui gouvernera. Si tu nies cela c'est que tu es un idiot.

Ton sage dit vrai. «Le sage n'a pas besoin de faire pour accomplir.» Il m'est souvent arrivé de recourir à ma réputation seulement pour gagner le respect des hommes. Je n'use pas toujours de ma force, quand ce n'est pas absolument nécessaire. Tu vois, je suis un sage.

Achille

Ah le jour où j'ai mal au crâne. Je n'en attendais pas moins du bouillant Achille, sinon, ce n'était pas Achille. J'aurais du choisir un autre personnage sur Dialogus!

C'est mignon les rats ou les souris. Dans mon dernier parchemin téléporté, je te parlais de métro: en attendant sur le quai mon chariot, je détecte à coup sûr les souris ou les rats qui se baladent parmi les rails métalliques entre le passage de deux chariots de transport de voyageurs.

Oui, c'est sûr et logique: le fort défend le faible: au Moyen-Âge : le Seigneur/Saigneur! Quelquefois: celui qui gueule le plus fort.
J'ai été scout (ça n'existait pas à ton époque), et la devise était que le plus fort défende le plus faible. Heureusement que quelqu'un pourrait me défendre. Je ne suis pas Achille, ni chef de je ne sais quoi!

Maintenant je t'ai exposé mon point de vue à long terme: la guerre, les conflits sont des accidents de matière. Aimez-vous les uns les autres, est-il enseigné dans la Bible, par Jésus de Nazareth. Il était le Verbe de Dieu incarné sur cette Planète (comparable à ton Zeus, si je me rappelle mes lectures) Car tout passe par le Verbe créateur. Le lion ami avec la brebis, c'est saint Paul qui l'écrit dans la Bible; il parle d'un temps futur encore très lointain, et situé peut-être sur un autre plan que le plan que tu connais: les terrains du combat! et moi les quais du métro avec ses petites souris. Je comprends un peu par intuition ce qu'écrit saint Paul: c'est un temps à venir, tout simplement. Achille, tout est vivant: du grain de poussière scintillant à la lumière solaire, à l'éléphant en passant par l'animal, homme et en poursuivant jusqu'à la montagne la plus proche au pied de laquelle se trouve le ravissant lac d'Annecy par exemple. Aussi depuis longtemps, je ne mange que des légumes et des fruits. Ils repoussent eux. En tous cas plus vite qu'une pauvre vache ne peut mettre au monde un petit veau. L'homme détruit en ce moment cette belle planète bleue par sa bêtise, dont l'une est la guerre. C'est pourquoi, en partie, je t'écris car nous ne pouvons plus continuer comme cela. Je suis heureux de voir que pas mal de personnes semblent être du même avis que moi. Il devrait y avoir, par semaine (le dimanche), un jour sans guerre dans le monde, et tous ceux qui ne respecteraient pas cela seraient privés de dessert.

Tout est lié. Nous sommes tous frères, et par-delà la cochonne de flèche du temps, je suis un peu responsable de toi comme tu es un peu responsable de moi, hélas! Parce que tu t'es tout de même laissé avoir avec ton talon! (Talent?)

Tu me parles de force, c'est avant tout d'une force spirituelle qu'il devrait s'agir, et pas d'une force physique. (Des sectes, des dictatures ont employé ce mot de force et en y ajoutant le mot honneur! Mon cul oui!) Les êtres à figure humaine qui se laissent dominer par les instincts de la brute ne sont même pas dignes de commander aux animaux. Les Pères du désert étaient servis par des lions et des ours. Si tu respectes un lion et ne le considère pas inférieur à toi, il ne te déchirera pas, car tu es nettement plus faible que lui et il pourra te protéger. Si tu respectes une guêpe, car tu ne sais pas voler, elle ne te piquera pas. (Pour le lion, voir la Bible, et le passage de Daniel dans la fosse aux lions.) Pour les guêpes, fait l'expérience avec une tartine de pain sur laquelle tu mets plein de confiture, et expose-toi en plein champ, et croque de temps à autre ta tartine. C'est pour cela que, suivant le prophète Isaïe, quand la justice régnera sur Terre (plus de guerre entre autre), et quand les hommes élèveront leur famille dans la véritable innocence, un petit enfant conduira les tigres et les lions, et se jouera impunément au milieu d'eux. (Le lion et la brebis côte à côte)

J'ai bien l'honneur d'avoir conversé avec Achille; ce ne fut pas une mince affaire.

Fait par Djed Ramose, un voyageur du métro

J'avais raison, tu as un rat dans le coeur, mais je me trompais, ce n'est pas un rat des champs, tout juste une vermine des grandes cités. Tu te caches, tu profites de la protection et de l'abondance de ta cité, mais tu refuses de reconnaître que tu dois ta vie à sa force. Quand viendras le jour où ta cité sera attaquée, la défendras-tu où la fuiras-tu? Et si ceux qui partagent avec toi un même territoire la défendent à ta place, les louangeras-tu ou mépriseras-tu leur vaillance? Nul peuple n'est à l'abri de l'ambition d'un autre. Il faut des héros pour défendre les faibles.

Tu dis que le lion doit pouvoir se coucher près d'une brebis sans pourtant la dévorer. Pourquoi veux-tu cela exactement? Quel est ton intérêt? Ne manges-tu pas de la viande toi aussi? Pourquoi vouloir à ce point modifier les lois de la Nature? Quel bien pourrait en résulter? Éclaire-moi, car je ne saisis pas.

Nous sommes effectivement frères dans la souffrance, mais les plus souffrants n'ont pas plus de mérite. Quelle est cette drôle de croyance qui veut que les faibles soient récompensés davantage que les forts? Pourquoi les derniers seraient-ils les premiers? La force ou la faiblesse dépend en grande partie de l'effort que met l'homme à perfectionner le corps dans lequel il vit. Pourquoi, dis-moi, cet homme serait-il puni? Parce qu'il n'est pas médiocre? Quel monde habites-tu pour avoir des idées aussi tordues? Qui est ce Jésus? Il a dû bien plaire aux masses avec un tel discours, car pour cent hommes, il y a à peine un héros. Et bien que ces quatre-vingt-dix-neuf hommes profitent de l'apport de ce héros, ils le haïssent de se sentir inférieurs en sa présence. Ces quatre-vingt-dix-neuf hommes veulent goûter à la gloire du héros, mais ils n'en sont pas dignes. Parmi ces quatre-vingt-dix-neuf hommes, il y a les humbles qui voient juste et ne cherchent pas à rabaisser la valeur du héros pour diminuer l'écart et il y a ceux qui ne peuvent supporter de ne pas connaître la gloire et préfèrent tâcher celle des autres. Demande-toi dans quelle catégorie tu entres et ensuite assure-toi de pouvoir l'affirmer tout en gardant la tête haute et le coeur noble. Ne crois pas les faibles qui tentent de rabaisser la force pour donner plus de prestige à la faiblesse, ce sont des chiens sans honneur.

Maintenant, à toi de choisir ton parti et de n'en pas rougir.

Achille

Salutations Achille,

Merci pour ta longue réponse, si tu ne veux pas m'envoyer de salutations: à ta guise.

Combat, guerre, je ne suis même pas foutu de demander mon chemin pour trouver une station de métro dans la capitale où j'ai un logement; alors faire la guerre ou un combat, quelle drôle d'idée? (Métro: chariot qui circule sur des rails en fer dans un tunnel souterrain).

La mode est de se faire protéger de tout: bobos, vol des biens, agressions physiques... Normal puisque ces services sont payants et que nous sommes devenus une société que l'argent gouverne; nous fonçons donc droit dans le mur la tête la première; Alors les bobos vont venir et il n'y aura plus d'assureurs pour rembourser les frais d'hôpitaux!

Symboliquement nous avons fait du félin lion, le roi; je ne sais quel homme ou femme a inventé ça, pris conscience de cela. M'enfin pourquoi pas, cela peut s'apprivoiser, un lion! Et le lion doit pouvoir se coucher aux côtés d'une brebis bien tendre sans avoir envie de la croquer! Ce temps viendra, voir plus bas.

Nous ne sommes pas juges les uns des autres. La vie est une champ de bataille. Ne cessons pas de combattre à cause de ceux qui tombent, mais évitons de marcher sur eux. Puis vient la victoire, et les blessés des deux partis, devenus frères dans la souffrance et devenant l'humanité, seront réunis dans les ambulances des vainqueurs.

Certes, la vie est un combat, pour manger, dormir, respirer, aimer, désirer, etc. Cela hélas à cause de la chute dans la matière, et because nous en sommes à la cinquième race ou ronde (le mot race étant mal vu actuellement à cause de l'ethnocide provoqué par le dirigeant d'un pays nommé Allemagne, l'horreur de la guerre était à son maximum), donc il nous reste à atteindre la sixième et surtout septième ronde pour atteindre la sagesse, et là Achille: plus de guerre, puisque la matière, en un mot PAN, TOUT, la Nature sera différente.

Tout se transforme, Achille, tu ne peux pas dire qu'il y aura toujours des guerres. La guerre, les rivalités sont des accidents, cela n'est pas naturel, simplement parce que nous avons chuté dans cette matière, et que nous ne savons pas ce que sont la Longueur, la Largeur et la Hauteur; c'est saint-Paul qui l'écrit dans la Bible. Alors, étant dans cette ignorance de ce qu'est la matière, hé bien nous sommes tous frères dans la souffrance, et subissons effectivement depuis des millénaires des guerres pour des conneries, que des conneries. La guerre n'est pas une affaire de grandes personnes; les adultes ne savent pas faire la guerre. On ne peut confier rien de sérieux aux grandes personnes. Entends-moi bien Achille, c'est un peu parabolique ce que j'écris, mais Jésus de Nazareth n'a-t-il pas dit que les derniers seront les premiers?

J'essaye de voir loin, même si je porte des lunettes! J'essaye de m'expliquer aussi, je n'y arrive qu'à peine. Et il n'est pas bon de se faire passer pour intelligent, mieux vaut passer pour un idiot, c'est une excellente protection, et gratuite... c'est aussi une recherche de simplicité.

Voir loin, mais beaucoup d'autres pensent à une possible guerre entre deux planètes, d'où l'entretien d'une aura de terreur, ou cosmotrouille. Et quelques pays dépensent leurs finances pour construire des armes contre d'éventuels envahisseurs extraterrestres. Entretenir la terreur, ou terrorisme, autre horreur et vieille technique remontant au temps des infidèles, des croisades...

Achille, je te sens de la campagne, simple et fier, assez animal, certainement noble, c'est tout à ton honneur; nous pourrions être amis, même si une mer semble séparer nos idées.

Nous nous retrouverons près de ce que tu nommes Hadès, ou dans la septième ronde, et nous pourrons poursuivre ces conversations... dans la paix, entourés de colombes volant au-dessus d'oliviers.

Fait par le terrien Djed Ramose.